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Il était une ville de Thomas B. REVERDY

Il était une ville de Thomas B. REVERDY

Nous sommes à Détroit, capitale florissante de l'industrie automobile, qui subit de plein fouet la crise des Subprimes durant l'année 2008.

Voici deux extraits de ce livre que je n'ai pas réussi à terminer...

"Gros Bill avait repéré une maison, un peu plus au sud, vide. Elle avait déjà été pillée. Les radiateurs, la robinetterie, les tuyaux de cuivre, il ne restait rien, on pouvait le voir par l’ouverture de la porte défoncée, les murs étaient creusés en bas, Si ça se trouve ils ont même emporté les fils électriques, disait Gros.
Les fenêtres en aluminium avaient été arrachées. Ça s’abîme vite une maison quand il pleut à l’intérieur pendant des mois. La toiture commençait à pencher dangereusement, elle menaçait de glisser vers la rue et, du côté opposé, plusieurs poutres de la charpente s’échappaient de la structure, balèvres inversées vers l’extérieur, se délabrant sous les intempéries comme des os sortant pleins d’esquilles d’une fracture ouverte.
Toute la maison, dans sa physionomie, donnait l’impression de devenir molle, d’onduler vers un point de déséquilibre où elle ne pourrait plus s’empêcher de s’effondrer, mais selon une chute incroyablement lente, imperceptible. C’était effrayant et contre nature.
Elle ne tenait plus que par la résistance interne des poutres et des briques empilées qui refusaient de céder, soumises à des pressions, des tensions et des torsions incalculables qui s’exerçaient selon des axes imprévus. Elle tombait en se ratatinant inexorablement. (p. 27-28)

"Les gens perdent leur boulot, déménagent, dans le meilleur des cas ils suivent leur entreprise. La plupart des vieux travaillaient dans l'automobile, et la plupart des jeunes dans l'immobilier. Alors le vent froid les emporte. La voiture et la maison. C'est tout le XXème siècle qui fiche le camp comme un courant d'air."