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Les jours de mon abandon de Elena FERRANTE

       Adepte de cette auteure, en attendant patiemment le 3ème tome des "Amies prodigieuses" je viens de lire son deuxième roman: "Les jours de mon abandon".

       Olga a trente-huit ans, un mari, deux enfants et un chien. Elle, qui a très envie d'être écrivain, renonce à sa carrière pour épouser Mario et se dévouer à sa famille qui semble mener une vie heureuse.
       Lorsqu' après plus de quinze ans de mariage, un après-midi d'avril, son mari lui annonce qu'il la quitte... son monde s'écroule. Sur le coup, elle n'y comprend rien, car elle n'a rien vu venir et elle pense même qu'il va revenir et que c'est juste un passage difficile.
Lorsqu'elle réalise qu'il ne reviendra pas, et qu'il l'a quittée pour une autre femme, elle se questionne, suppose et est dans l'incompréhension totale.
Pourquoi a-t-elle été abandonnée ?

       Olga vit très mal cette séparation...et le lecteur assiste, impuissant à la dégradation de son comportement... car elle sombre littéralement dans la dépression et se retrouve incapable de gérer son quotidien allant jusqu'aux limites de la folie... elle s'enferme dans son appartement, sans téléphone avec un fils malade et un chien mourant...

       L'auteure nous fait partager une situation qui devient inquiétante pour le lecteur... la psychologie des personnages est bien amenée, l'auteur prend soin d'adapter son langage à l'état psychologique de Olga, le ton pouvant être dur, violent voire très cru. Tout est dit sur les états d'âme du personnage principal allant même jusqu'à l'extrême.

       On comprend le rôle pesant d'une mère seule, la vision de la femme abandonnée, l'angoisse des années qui passent et la détérioration physique liée à la dépression, le regard objectif qu'elle porte sur elle-même et son incapacité à faire face à cette situation.

       C'est grâce à l'écriture de Elena Ferrante que je suis allée au bout de ce livre dont le thème est difficile, une femme qui se perd, se noie (cf la première de couverture) mais ne sombre pas...
       Je pense que l'auteure ne s'inquiète pas de ce que peuvent penser les lecteurs et fait fis des idées reçues c'est peut être pour cette raison que Elena Ferrante n'est qu'un nom de plume...

 

Voici un extrait d'une interview et un extrait d'article de journal:

L’anonymat pour se "libérer". Dans les rares entretiens qu'elle a accordés, à chaque fois par mail, Elena Ferrante a toujours affirmé que son anonymat était nécessaire pour donner plus de poids à ses personnages et à ses intrigues. Avant son premier livre, elle expliquait déjà: "Je pense que les livres, une fois qu’ils sont écrits, n’ont pas besoin de leurs auteurs. S’ils ont quelque chose à dire, ils trouveront tôt ou tard des lecteurs". "J’ai simplement décidé une bonne fois pour toutes, il y a de cela plus de vingt ans, de me libérer de cette angoisse qu’engendrent la notoriété et ce désir de faire partie d’un cercle de personnes qui réussissent, ceux qui pensent qu’ils ont gagné je ne sais quoi", se justifiait-elle enfin dans une interview à Vanity Fair en 2015, toujours par mail. "Jusqu’ici, cela a plutôt bien fonctionné".

Elena Ferrante n'avait d'ailleurs pas hésité à brouiller les pistes, en affirmant dans son dernier livre, La Frantumaglia, un recueil de lettres et d'entrevues accordées au fil des années, qu'elle était une pure Napolitaine, fille de couturière, et qu'elle avait grandi avec trois sœurs. Et non pas, comme Anita Raja (car on suppose qu'Elena et Raja ne font qu'une) , une traductrice romaine, fille d'un magistrat napolitain et d'une professeure d'allemand d'origine polonaise. Avant d'ajouter : "Je ne déteste pas les mensonges, dans la vie, je les trouve plutôt sains et de temps en temps, je m'en sers pour me protéger de l'extérieur."