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La caresse du loup de Catherine Robert

Chloé a huit ans et vit au sein d'une famille nombreuse et aimante. Elle est très proche de sa petite sœur Clara qu'elle protège et entraîne dans ses jeux. Cet été là, en vacances au bord de la mer, Chloé va subir l'agression sexuelle d'un ami très proche de la famille . Clara trop petite ne comprend pas ce qu'il se passe d'autant plus que Chloé n'ose pas en parler et pense qu'elle a fait une énorme bêtise. Elle va se murer dans le silence et s'efforcer de devenir transparente pour que plus personne ne la remarque.

Des années plus tard et alors qu'il y a prescription, elle va se décider à porter plainte. Avec l'aide de sa petite sœur elle va se rendre au commissariat pour pouvoir enfin mettre des mots sur ce qui lui est arrivé et se libérer de ce poids qui l'étouffe. Le pédophile va enfin reconnaître les faits mais n'est pas inquiété par la justice, en effet ceux ci se sont produits plus de trente ans auparavant.

Ce premier roman se lit d'une traite. L'auteure décrit les réactions de toute la famille, les parents qui préfèrent fermer à clé et refuser d'ouvrir quand le prédateur est là, les tantes et oncles qui s'inquiètent du quand dira-t-on si ça venait à se savoir... La seule à réagir est Clara qui va prendre le destin de sa grande sœur en main et l'aider à se venger.

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Miarka de Antoine de MEAUX

       J'avais beaucoup aimé "Une vie" de Simone Weil, une femme que j'admire. Aussi lorsque "Miarka" m'est tombé dans les mains, c'est avec plaisir, curiosité et intérêt que j'ai découvert la vie de Denise Jacob, la soeur de Simone Weil.

      Si Simone a été arrêtée et déportée avec ses parents en tant que juive, Denise a été arrêtée en tant que agent de liaison à Lyon sous le nom de Miarka. Soumise à la torture, elle a été déportée dans le camp de Ravensbrück puis Mauthausen. Ces 2 conditions d'arrestation ont fait la différence entre les 2 soeurs. L'une victime de la shoah, l'autre de la résistance.

      Antoine de Meaux retrace dans ce roman biographique l'histoire de Miarka. Il s'appuie sur des archives, sa correspondance avec Denise qu'il connaissait très bien, ses écrits ainsi que les carnets de André Jacob, le père de Denise.

     C'est un superbe hommage qu'il nous livre, d'une femme d'exception passée sous silence.

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La carte postale de Anne BEREST

   

          En janvier 2003, Leila, la mère de l'auteure reçoit une carte postale de l'Opéra de Paris. Seuls quatre prénoms y sont inscrits: Ephraïm, Emma, Noémie et Jacques. L'expéditeur est inconnu et Anne Berest va s'évertuer à retrouver cette personne anonyme et à décrypter le contenu énigmatique de cette carte. Se faisant elle va reconstituer la biographie de sa famille  .

         L'auteur va découvrir que ces quatre personnages sont décédés en déportation et de fil en aiguille, grâce aux conseils d'un enquêteur et à l'aide de sa mère, l'histoire dramatique de ce XXème siècle va être relatée.

        Un judicieux parallèle est fait entre le passé de cette famille juive et le présent car la fille de l'auteur âgée de quelques années rapporte à sa maman un propos antisémite qu'on lui a dit à l'école et qu'elle ne comprend pas. Cela va renforcer chez Anne Berest le désir de connaître son passé. Cela pose également la question de l'identité juive et des réactions qui peuvent encore exister à ce sujet de nos jours.

        L'histoire est captivante et le témoignage émouvant car les faits historiques touchent des personnes ayant existées et largement décrites par l'auteur. Des personnages auxquels on s'attache. Mais cela est fait sans pathos inutile, les faits racontés au présent suffisent à émouvoir le lecteur.

         L'auteur a eu quelques difficultés à reconstituer son histoire car la judéité a été passée sous silence après la guerre dans cette famille mais certainement dans beaucoup d'autres.

        L'auteur insiste sur le fait qu'il faut dire les choses pour ne pas les oublier mais aussi pour s'en libérer.

        Ce titre fait parti de la sélection au prix Goncourt.

 

 

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Né sous une bonne étoile de Aurélie VALOGNES

Gustave est un petit garçon rêveur et maladroit, il a une grande sœur Joséphine toujours première de la classe. Gustave lui par contre n'aime pas l'école ou bien c'est l'école qui ne l'aime pas ! Pourtant avec l'aide de sa mère il travaille beaucoup, plus que ses petits camarades mais rien n'y fait ça ne rentre pas. D'échecs en échecs Gustave s'enfonce dans les difficultés et finit par se convaincre qu'il est nul et n'arrivera jamais à rien. Jusqu'au jour ou la rencontre avec une professeure de français va changer sa vie. Cette enseignante va lui redonner confiance en lui et lui apprendre à développer ses capacités. 

J'ai une fille dyslexique et les devoirs du soir qui duraient deux heures au milieu des pleurs, les vexations des petits camarades et les réflexions ou les annotations sur le bulletin scolaire par les professeurs me sont plus que familières. Ce roman m'a beaucoup touché malheureusement je ne peux le faire lire à ma fille qui n'a jamais réussi à aimer la lecture. Certains passages m'ont ému aux larmes tant les situations m'étaient déjà connues. Ce roman aborde le sujet du décrochage scolaire et des enfants différents, la difficulté pour eux de rentrer dans un moule qui n'est pas fait pour eux. Il aborde aussi le sujet de l'enseignement et des professeurs qui s'investissent ou pas pour transmettre tout leur savoir.

 

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L'enfant étoile de Katrine ENGBERG

Julie est découverte sauvagement assassinée dans son appartement de Copenhague, le visage horriblement tailladé. Le voisin qui a découvert le corps doit être hospitalisé suite à une crise cardiaque. L'enquête est menée par un duo d'enquêteurs , l'inspecteur Jeppe Korner et son équipière Anette Werner qui vont devoir plonger dans le passé trouble de la victime pour interroger tous les suspects.

De plus, Esther, la propriétaire de l'immeuble est en train d'écrire  un roman dont l'héroïne est la victime et qui relate le meurtre dans ses moindres détails. 

Ce livre est un premier roman mais je n'ai pas trouvé le même enthousiasme à la lecture que dans les romans de Camilla Lackberg ou Lars Kepler.  

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Célestine du Bac de Tatiana DE ROSNAY

Martin jeune homme solitaire et effacé est orphelin de mère. Il est hanté par la mort de celle-ci dans un accident d'avion et qu'il a très peu connu. Il vit avec son père avocat brillant et coureur de jupons et Germinal son chien.

Célestine "Titine du Bac" est une sans abri qui vit sous un porche en bas de chez lui. Un jour de pluie Martin va s'abriter sous ce porche et  rencontrer Célestine. Une profonde amitié va naître de cette rencontre d'autant plus qu'ils vont se rendre compte qu'ils ont un lien commun : l'écriture. Martin écrit un roman, il est passionné par Zola, et Célestine écrit son journal intime. 

Célestine qui "aime Martin comme si elle l'avait tricoté" va essayer de lui redonner goût à la vie et l'aider à faire son deuil.

Après la lecture de ce roman on ne voit plus les sans abri avec le même regard. Comment en sont-ils arrivés là ? Quelle a été leur vie ? Ont-ils des enfants qui s'inquiètent d'eux ?... J'ai aimé ce roman que j'ai lu avec quelque fois les larmes aux yeux et qui se termine sur une note fantastique.

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HS 7244 de Lorraine LETOURNEL LALOUE

Marius et Camille, l'amour de sa vie, décident de faire un voyage à travers la Russie en amoureux. Après une soirée  bien arrosée dans un bar de Grozny Marius se retrouve enfermé dans un cachot sans nouvelles de Camille.

Il ne comprend pas ce qui se passe et ne peut communiquer avec personnes car ses geôliers ne parlent que russe sauf le médecin du camp, un français, qui se livre à des expériences sur les prisonniers. Marius  va néanmoins réussir à se faire un ami Sylvain lui aussi français qui va lui éviter de sombrer. Le quotidien des prisonniers se résume à vivre dans un cachot et à subir des tortures et des privations sans aucune autre forme de procès.

Ce roman est tiré de faits réels qui font froids dans le dos et dénonce la persécution que subit une partie de la population de certains pays de l'Est.  La noirceur du récit et le dénouement  me font  penser aux romans de Karine GIEBEL mais il se dévore d'une traite. Les âmes sensibles devront s'accrocher !

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Memorial Drive de Natasha TRETHEWEY

 

           Le nom de Natasha Trethewey ne me parlait pas du tout. C'es mon libraire qui m'a proposé cette lecture que je ne regrette pas.

           Trente-cinq ans après la mort violente de sa mère à Atlanta, l'écrivaine qui s'était juré de ne jamais y revenir, s'y retrouve pourtant pour des raisons professionnelles.
Evitant jusqu'à Memorial Drive, l'autoroute qu'elle empruntait pour se rendre à la maison où elle vivait avec sa mère, elle tombe pourtant un jour, par hasard dans un restaurant, sur un procureur-adjoint qui se souvient d'elle et va lui remettre des cartons d'archives autrement vouées à être détruites. Le début d'une quête douloureuse et d'une longue rédemption pour Natasha Trethewey, qu'elle raconte dans Memorial Drive, publié le 19 août 2021 aux éditions de l'Olivier.


           A l'aube de la cinquantaine et trente ans après le drame,Natasha Trethewey revêt les traits de la petite fille qu'elle était, née d'un mariage mixte entourée d'amour puis d'adolescente atrocement meurtrie pour raconter les années passées auprès de sa mère, Gwendolyn Ann Turnbough sauvagement assassinée par son deuxième ex époux le 5 juin 1985.


            Natasha Trethewey a obtenu le Prix Pulitzer en 2006; Elle est écrivaine et poétesse de renom aux Etats-Unis. Elle est métisse par sa mère. 

   « Quand j’ai quitté Atlanta en jurant de ne jamais y revenir, j’ai emporté ce que j’avais cultivé durant toutes ces années : l’évitement muet de mon passé, le silence et l’amnésie choisie, enfouis comme une racine au plus profond de moi. »

      Extrait: Elle savait aussi qu'en tant qu'enfant métisse - à mi chemin entre eux deux -, je serai au bout du compte seule dans ce voyage pour comprendre qui j'étais, quelle était ma place dans le monde, tout en portant les fardeaux invisibles de l'histoire, à cheval sur la métaphore. Elle savait aussi qu'on se servirait du langage pour me nommer donc tenter de me limiter - bâtarde, mulâtresse, métisse, négresse - et que, comme avec la mule, cela m'entraverait et m'éperonnerait. Ma mère voulait juste que cela ne me détruise pas.(p52)

             Une écriture agréable et profonde

             Un amour posthume

             Un magnifique hommage

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Coeur de pierre de Pierre PEJU

 

          Si j'avais beaucoup aimé "La petite chartreuse" du même auteur, "Coeur de pierre" m'a surprise... car il s'agit d'un roman en partie fantastique qui parle de nos destins, de nos relations et du pouvoir de l'écriture.

         Le narrateur est écrivain, sa femme venant de la quitter, il ne réussit plus à écrire aucune ligne. Alors il décide de tout abandonner. Il quitte sa maison et met tous ses livres dans des caisses qu'il confie à ses amies. Lors de son tri, il retrouve un roman non publié dans lequel le personnage principal, Leila, décide également de fuir. Se faisant elle rencontre un homme plus âgé qu'elle, celui-ci va l'accompagner dans sa route. 

         Mais, et là est le tournant de ce roman, cette vie de errance ne convient pas à Leila. Elle va retrouver son créateur ( l'écrivain) et le contraindre à changer sa vie et celle de son compagnon de route.

         Une histoire un peu compliquée dont le thème essentiel est: Est ce que notre vie est écrite d'avance? Ou bien: Pouvons-nous influer sur le déroulement de notre existence?

         

 

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Lëd de Caryl Férey

Terminé la chaleur et l'Afrique du Sud Caryl Férey nous emmène en Sibérie à Norilsk la ville la plus polluée au monde. C'est là que se trouve le plus grand gisement de nickel. L'hiver le thermomètre descend à - 60 !  Un soir alors que le blizzard souffle le cadavre d'un nenets (ethnie autochtone vivant de l'élevage de rennes) est découvert sous le toit d'un immeuble arraché par la tempête. Boris Ivanov  est chargé de l'enquête. Il a été muté disciplinairement en Sibérie suite à une enquête ou il avait réussi à trouver le bon coupable. A Norilsk, comme dans toute la Russie, c'est la corruption qui règne. Il va être aidé par Gleb un mineur et photographe amateur, et par Dasha jeune couturière. On ne peut partir de Norilsk qu'en avion, quand la météo le permet, et en cargo deux mois par an après le passage des brises glace. Le décor est planté ! Avec une intrigue policière palpitante, les dernières pages sont stressantes, on apprend beaucoup de choses :  - sur Norilsk qui est un ancien goulag et ou il faut l'autorisation des services secrets soviétiques pour y circuler. - sur les populations autochtones, leurs us et coutumes, et les persécutions subies par le pouvoir soviétique. Ce roman aborde le sujet de la corruption, de la pollution et des dangers de celle ci pour la planète, de l'extermination des autochtones, de l'homosexualité, de la poésie... On ne peut s'échapper de Norilsk.

J'ai dévoré ce roman, dont les personnages sont très attachants, avec bien sur les pieds au coin du poêle !

Bonne lecture et n'oubliez pas le chocolat chaud. 

 

 

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