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La blessure de Jean-Baptiste NAUDET

 

              Ce premier roman est l'autobiographie de Jean-Baptiste Naudet,  reporter de guerre.

               Lorsqu'il découvre la correspondance entre sa mère, Danielle et un jeune sergent Robert, son fiancé; il comprend pour quelle raison sa mère était si dépressive, pour quelle raison il a choisi d'être correspondant de guerre et surtout pourquoi il a du faire plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Il tente par ce récit de se libérer de son destin et de guérir de ses propres blessures.

               Danielle s'est fiancée à Robert son amoureux lorsque celui-ci a été appelé en Algérie. Alors qu'il part 3 jours en expédition et est tué par un jeune Kabyle. Danielle est dévasté par cette disparition et va épouser Gilles, leur meilleur ami commun par dépit.

               Agressive et dépressive, Danielle se suicide lorsque ses 3 enfants quittent le nid. Mais ni Jean-Baptiste, ni Gilles ne comprennent les raisons de ce  désastre. C'est à la lecture de la correspondance que l'auteur comprend sa mère qui n'a jamais rien dit ainsi que les raisons de ses propres séjours en hôpital psychiatrique.

              Dans un langage cru et très réaliste, l'auteur alterne entre les échanges épistolaires de sa mère et de Robert et la dure réalité de cette guerre meurtrière.

 

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Mon territoire de Tess SHARPE

      Un roman noir de chez noir qui ne m'a pas lâchée!

      Un vrai western féminin contemporain addictif!

      Bon, vous avez compris j'ai dévoré ce livre, j'ai adoré Harley jeune femme volontaire , intrépide et justicière.

      Harley a trois jours pour tout changer, pour enrayer la violence entre clans, pour protéger ceux qu'elle aime. Pour quelle raison???? A vous de le découvrir...

      Parallèlement à ces trois journées, l'auteure distille à bon escient la vie de Harley depuis sa conception  jusqu'au jour J,  nous faisant comprendre comment cette jeune fille en est arrivée à prendre des décisions terribles, pour quelles raisons elle doit faire justice par elle-même. 

      Féministe entourée d'hommes, Harley dirige une maison-hôtel, un refuge pour femmes victimes de violences, de femmes laissées pour compte. Elle a appris à se battre et elle va tout faire pour protéger ces femmes et diriger un empire de mafieux qu'elle veut rendre meilleur. Règlements de comptes, tueries, drogue, rien ne lui échappe.

      Harley est une méchante au cœur tendre, un courageuse déterminée, une cow-boy des temps modernes!

 

Voici un extrait de la note de l'auteure qui en dit long sur ses opinions et ce qu'elle défend (page 553):

 "Les personnages néonazis représentés dans ce livre correspondent aux stéréotypes que l'on associe généralement aux suprémacistes blancs dans notre société : un homme sans éducation, pauvre, délinquant, dans un milieu rural. (...)il serait irresponsable de ne pas souligner que ce type d'individus ne représente qu'une facette de la peste suprématiste blanche profondément ouvertement et insidieusement enracinée dans notre pays et notre société.
Il n'y a pas que les hommes blancs ruraux qui portent des tatouages de swastikas, qui adoptent ces croyances haineuses et les appliquent. Il peut s'agir d'un collègue. D'un voisin. D'un membre de votre famille. Du politicien pour lequel vous avez voté. Du fils des voisins, ce jeune garçon bien habillé qui tond votre pelouse. Cette haine ne se limite pas au Sud, ni aux régions rurales minées par la pauvreté de ce pays. Elle est partout, un poison cousu dans la matière même de ce pays ; sa fondation, son passé et son présent. Et il faut la combattre, la dénoncer et l'éradiquer partout, en particulier lorsque vous bénéficiez de la puissance conférée par le privilège blanc, comme moi."
Tess Sharpe

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La déposition de Pascale ROBERT-DIARD

 

        J'ai découvert depuis peu la maison d'édition "L'Iconoclaste" qui édite des auteurs contemporains français. Parmi les livres publiés nombreux sont ceux qui sont intimistes et engagés, ce sont souvent des "livres d’archives conçus comme des témoignages vivants."

        Celui-ci, "La déposition" traite du procès de Maurice Agnelet déclaré coupable de l'assassinat de sa maîtresse, Agnès Leroux. Nous sommes 30 ans après la disparition de Agnès Le Roux, lorsque Maurice Agnelet est jugé pour la 4ème fois. Une affaire qui continue à être jugée grâce à l'acharnement de la mère de la disparue.

       Dans ce récit passionnant (si on peut dire ainsi), Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au Monde relate le procès au travers des yeux de Guillaume, le fils de Maurice Agnelet. Elle tente de donner les raisons pour lesquelles Guillaume après avoir défendu son père durant 30 ans, décide lors de ce 4ème procès de témoigner contre son père. Elle nous fait comprendre comment Guillaume a pu vivre et se construire dans un milieu de soupçons, de mensonges et de non-dits au côté d'un père au charismatique et dont l'emprise exercées sur sa famille, ses maîtresses (3 en même temps), ses amis, bref tout son entourage est terrible. 

       C'est sans aucun avis ni ségrégation que l'auteure nous fait vivre le procès avec l'ambiance de la cour, la tension du prétoire et un huit-clos familial.

 

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Kilomètre zéro de Maud ANKAOUA

       Un livre conseillé par une libraire...

       Un roman qui ne remporte pas tous les suffrages...

       En fait c'est un livre qui traite de développement personnel en s'appuyant sur une histoire romancée. Cela aide peut être à lire ce genre de livre que je mets habituellement de côté car un peu barbants....

       La lecture en est agréable et apaisante, cela se lit vite et le voyage initiatique proposé n'enlève rien au charme du pays découvert: Le Népal. Il y est question de présent , d'égo, de ressenti, de bonheur, de pardon, d'harmonie avec autrui.... mais je n'ai aucun jugement à porter car on aime ou on n'aime pas...

       Maëlle, femme d'affaire proche du burn-out part à Katmandou à la demande de sa meilleure amie atteinte d'un cancer. Maëlle a pour mission de rapporter un mystérieux manuscrit.... Mais ce n'est qu'un prétexte! Et je n'en dirai pas plus!!!

      Voici un petit passage amusant qui reflète une partie de la démarche de l'auteur:

Une femme de peau blanche vient de terminer ses courses. Au comptoir du self, elle achète un bol de soupe. va s'installer à une table, y dépose son plateau et s'aperçoit qu'elle a oublié de prendre une cuillère. Elle repart en direction du bar.
Revenant à sa place, elle trouve un homme à peau noire au-dessus du bol, trempant sa cuillère dans le bouillon. "Quel sans-gêne ! Mais il n'a pas l'air méchant... Ne le brusquons pas !"
"Vous permettez", lui dit-elle en tirant le bol de son côté. Son interlocuteur ne répond que par un large sourire. Elle commence à manger. L'homme retire un peu le bol vers lui et le positionne au centre de la table. A son tour, il plonge sa cuillère et avale le breuvage. ...
La soupe terminée, l'homme lui fait signe de ne pas bouger et revient avec une abondante portion de frites, qu'il pose au milieu de la table. Il l'invite à se servir. Elle accepte et ils les partagent. Puis il se lève pour prendre congé .... Elle reste un moment pensive et songe à s'en aller. Elle cherche son sac à main qu'elle avait accroché au dossier de la chaise. Plus de sac ! "Quelle imbécile je fais ! Cet homme noir n'était qu'un voleur évidemment !"
Elle s'apprête à demander qu'on le poursuive, lorsque ses yeux tombent sur un bol de soupe, intacte et froide, posée sur un table voisine, devant la chaise où pend son sac. Il manque une cuillère sur le plateau...

 

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American Dirt de Jeanine CUMMINS

            Nous sommes au Mexique dans les années 70, à Acapulco où Lydia mène une vie paisible avec Sébastien, son mari et leur fils. Sébastien est journaliste et Lydia a ouvert une librairie. Alors qu'ils fêtent un anniversaire, toute la famille soit 16 personnes sont assassinées froidement par des rafales de mitraillettes. Le cartel 'Los Jardineros" règne en maître sur la ville et est à la poursuite de Lydia et de son fils qui ont pu échapper à ce carnage. Lydia sait qu'elle est leur cible et s'enfuit immédiatement, s'éloignant de la ville au plus vite et espérant atteindre Denver aux Etats-Unis où vit son oncle. Lydia a compris que le commanditaire de ces meurtres est Javier Crespo Fuentes. Pourtant Lydia connaît bien Javier qui est un fervent client de sa librairie, un homme cultivé, intéressant avec lequel Lydia partage des discussions littéraires mais ignore son rôle dans le milieu mafieux. C'est un article de Sébastien qui déclenche la haine de Javier, un homme sans pitié.

           Commence alors la fuite de Lydia et son fils qui se joignent aux migrants qui traversent le pays pour rejoindre les Etats-Unis en toute illégalité.

          Un véritable road-trip, un récit haletant qui décrit un pays corrompu soumis aux cartels, organisations mafieuses qui "gouvernent" le pays avec violence . Une véritable chasse à l'homme qui décrit les difficultés pour ces hommes et ces femmes d'échapper à une vie de clandestins, une vie de misère.

Quelques infos complémentaires:

Voici un article de Publié le 13 septembre 2020

American Dirt », le roman polémique de Jeanine Cummins

Histoire d’un livre. Une Mexicaine et son fils fuient la mort qui leur est promise par les cartels. Ecrit par une Américaine, ce roman n’est pas passé inaperçu en plein débat sur l’appropriation culturelle.

Résume de l'article: La parution d'American Dirt aux Etats-Unis a soulevé une polémique sur la légitimité d'une New Yorkaise blanche à écrire sur la souffrance des migrants. Taxé d'appropriation culturelle, cet ouvrage à gros budget est accusé de faire de l'ombre aux authentiques auteurs latino-américains qui, faute d'armes commerciales aussi puissantes, peinent à faire entendre leur voix et celles des migrants. On lui reproche aussi de convoyer une image partiale et dépréciatrice du Mexique, imaginée depuis le côté le plus confortable du mur. Il est vrai que le roman a fait le choix de ne pas lésiner sur le sensationnel susceptible de renforcer la tension dramatique, amplifiant notamment les épreuves de ses personnages au moyen d'une intrigue, bien menée mais tout à fait improbable, entre Lydia et le chef du cartel. Diablement efficace quant à son suspense addictif, cet aspect de l'histoire semble davantage motivé par l'envie de distraire le lecteur que par une quelconque préoccupation politique ou humanitaire. Quelques « inconvenances » dans la promotion américaine du livre peuvent également renforcer l'impression d'un livre plus commercial qu'engagé. Malgré tout, on ne peut ressortir de cette lecture avec une pire image du Mexique qu'après avoir lu le très fiable et terrible 2666 de Roberto Bolaño. Manifestement documenté et bien mené, ce très prenant American Dirt ne peut, à sa manière, que contribuer à sensibiliser un plus large public à l'enfer des migrants latinos qui tentent de rejoindre les Etats-Unis, puis d'y rester. 

 

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Comme des frères de Claudine DESMARTEAU

     

         Quentin est le dernier à rentrer dans la bande de copains; des collégiens amis comme des frères.

         Il y a Kevin la brute, Ryan le lourdeau, Thomas le mal élevé, Lucas le mollasson, Saïd le sans-gêne, Idriss la jolie sœur un peu revêche jumelle de Quentin le bouc émissaire bien élevé et Raphaël, le narrateur.

         Ils entrent dans l'adolescence avec les premiers bouleversements, les premiers désirs, ils sont insouciants, se croient libres, invincibles. Ils errent, ils s'emmerdent, ils s'occupent comme ils le peuvent, ils traînent... Alors comme dans l'émission télévisée "Jackass" (arrêtée en 2002), ils publient des vidéos et se donnent des défis; sauter de branche en branche comme un singe, boire sa propre pisse...

         Mais le dernier défi sera idiot et dangereux car ils sont saouls et se sentent indestructibles. Ce défi, Raphaël le dévoile en fin de roman à plus de 20 ans, un drame inoubliable qui a détruit son adolescence.

        Ce roman est le 1er roman pour adulte de Claudine Desmarteau. Son écriture est réaliste, forte, brutale, tranchée et authentique comme peut l'être l'adolescence et la cruauté de cet âge.

        Amour, amitié, sexe, réputation, solitude, découvertes, alcool, études.... une réelle exploration de l'adolescence .

 

 

 

 

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Les fureurs invisibles du cœur de John BOYNE

 

        Cyril Avery est le narrateur de sa propre histoire qui débute à sa naissance en 1945 et se termine en 2015. Cyril est abandonné volontairement par sa mère (fille-mère) mise au ban de la société irlandaise par le prêtre de son village. C'est un couple aisé et bienveillant qui adopte Cyril mais un couple hors norme qui traite Cyril comme un étranger, un enfant adopté. 

       Cyril tombe en amitié avec le fils de l'avocat de son père adoptif et va découvrir au fil du temps qu'il en est amoureux. Alors que l'Irlande est menée par une église moralisatrice et conservatrice, l'homosexualité est inenvisageable et punie, Cyril restera amoureux de Julian jusqu'à la fin de sa vie. Cyril, bien sous tout rapport le jour, se cache pour des rapports furtifs sans lendemain ne trouvant pas l'affection qu'il cherchera quasiment toute sa vie.

       On retrouve Cyril à Amsterdam en compagnie de son amant, puis à New York après une violente agression dans laquelle Bastiaan va perdre la vie et Cyril sa jambe. Puis Cyril revient en Irlande et affronte son passé et ses erreurs.... C'est en 2015 que Cyril connaîtra la légalisation du mariage homosexuel en Irlande mais Cyril pense être né "trop tôt" et avoir perdu sa vie à chercher....

       Un roman-fleuve dont les 11 chapitres s'égrainent de 7 ans en 7 ans et retracent la vie de Cyril à la recherche de son identité et d'un bonheur impossible.  De nombreux thèmes essentiellement sociétaux sont abordés: la domination de la religion et le pouvoir des prêtres , la haine des gens "bien-pensants" et "normaux" d'une société retardée  et son homophobie,  l'intolérance, les non-dits, le sort des femmes...

      Je me suis attachée à notre personnage principal espérant pour lui à chaque étape une vie meilleure. Tous les personnage qui entourent Cyril sont intéressants et reflètent la société de l'époque. L'écriture de John Boyne est directe tantôt ironique tantôt cynique mais toujours pleine de tendresse. Les situations sont quelquefois cocasses voire caricaturales et souvent inattendues. 

    Ne pas oublier que l'avortement sera légalisé en 2018 et le divorce autorisé en 1995 en Irlande.

   

    Un extrait assez percutant qui reflète bien cette histoire: Il y avait beaucoup d'hommes ici, qui s'étaient lassés de leur femme et cherchaient des sensations différentes. Ma grand-mère a compris. Un après-midi, elle est rentrée et a surpris un homme qui me violentait. J'étais un gamin à l'époque, et quand elle a vu ce qui se passait, elle a refermé la porte, elle est retournée à la cuisine, et elle s'est mise à faire du raffut avec ses casseroles. Voilà l'étendue de sa colère. Voilà ce qu'elle a fait pour me sauver. Après, elle m'a fouetté et m'a répété que j'étais dégoûtant, vraiment une pourriture sans nom. Mais elle a vu ce que je pouvais lui rapporter. J'étais plutôt mignon. Elle m'a dit que si je laissais des hommes me faire ça, elle se chargerait d'organiser les choses. Et l'argent serait pour elle.

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Brèves de solitudes de Sylvie GERMAIN

       Une fois de plus c'est la 1ère de couverture très colorée qui m'a poussée à emprunter ce livre et je ne suis pas déçue.

      Pourtant lire un roman qui traite de la pandémie actuelle ne m'attirait pas tant que cela mais ne connaissant cette auteure que de nom, je me suis laissée faire!

      Une 1ère partie dans laquelle Sylvie Germain décrit la vie de quelques personnages qui profitent d'un square parisien; des gens de tous milieux, de tout âge, des gens qui s'ignorent...

     Dans la 2ème partie, nous retrouvons ces mêmes personnages dans leur quotidien de confinés! Et l'auteur met en avant des attitudes différentes, des comportements nouveaux, des regards attentionnés, des amitiés naissantes et des dons cachés qui resurgissent... Le tout dans un écrit recherché, agréable avec une analyse de caractères et de comportements dans laquelle chacun d'entre nous peut se retrouver.

      Certes la société actuellement est morose voire pessimiste mais c'est avec pudeur et sensibilité que l'auteur nous fait partager ces moments de vie plein d'espoir.

      Un petit roman qui se lit rapidement dans lequel chacun peut se retrouver...

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L'audacieux Monsieur SWIFT de John BOYNE

   ou L'ODIEUX MONSIEUR SWIFT .....

          Si vous voulez .... un jeune homme charmant, charmeur et narcissique; un jeune homme sans talent qui veut devenir un écrivain primé; un manipulateur cynique sans scrupule; un séducteur au pouvoir indéniable; un imposteur et un assassin.... alors lisez L'audacieux Monsieur Swift! Mais prévoyez du temps de libre car il ne vous lâchera pas !!!

         L'auteur nous happe dans cette histoire où la tension monte crescendo, Mr Swift étant de plus en plus ignoble. Ce jeune homme est prêt à tout pour réussir et profiter des autres; il sait utiliser ses charmes sans vergogne. Cet homme immoral va utiliser ses amis, sa femme et se séparer de son fils un peu trop intrusif pour se faire un nom....

         Ce roman pose des questions sur le métier d'écrivain, le milieu de l'édition, la course aux prix littéraires, le rôle de l'écriture, l'imagination des écrivains... D'où viennent leurs idées? leurs inspirations?  Y a-t-il des jalousies entre écrivains? Y a-t-il des plagiats? Y a-t-il des préférences... besoin de connaissances...? 

          intéressant et prenant dont j'ai bien aimé le clin d'œil des dernières pages!

        Voici un passage qui m'interpelle!

" Et comment s'est passée ta semaine?

- Bien. J'ai lu le premier des deux romans que j'ai accepté de chroniquer.

- Et...?

- Malheureusement, il est très bon.

- Oh. Tu n'y peux rien.

- Je sais. Mais j'ai commencé le deuxième et jusqu'ici, il est un peu lent. Alors ça se présente mieux.

- Excellent. Tu vas peut-être trouver quelque chose à critiquer.

- Avec un peu de chance, Oui."

        Cet extrait me fait penser à une réflexion entre lectrices... et le bienfondé des critiques littéraires des blogueurs qui encensent les livres... Le lecteur doit-il faire confiance dans la 4ème de couverture? dans les critiques? avant de se lancer dans une nouvelle lecture.... Je n'ai pas la réponse.... Et c'est préférable!

 

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Femmes en colère de Mathieu MENEGAUX

   

           J'ai été attirée par ce livre (découvert dans le blog de chroniques littéraires "Emotions") qui explique le déroulement d'une délibération lors d'un procès de cour d'assises; une démarche totalement inconnue pour ma part. Et je ne suis pas déçue car les temps de délibération sont bien amenés sans être pesants, bien au contraire.

           Dans ce roman de 192 pages, Mathilde Collignon est accusée d'avoir commis des actes de violence barbares entraînant des mutilations sur deux hommes. Nous assistons à la délibération de 9 jurés dont les avis divergent selon leur sexe ... L'un des jurés précise bien que le juge d'instruction, le psychiatre, les avocats etc. sont tous des hommes... Le poids des arbitrages pris par ces jurés est lourd et les prises de décision cruciales. 

           L'auteur alterne entre les moments de confrontations entre jurés et les pensées de l'inculpée incarcérée depuis 3 ans, en attente de son jugement. Elle écrit, elle explique les faits et finit par se repentir de son action qui met en jeu sa vie et celle de ses filles; mais elle ne pouvait pas ne pas se venger ....

          En lisant ce roman, je me suis demandée qu'elle serait mon attitude face à ce jugement si j'étais jurée... car il faut tenir compte des lois que le président de séance rappelle dès que les jurés s'en écartent, donc pas de compassion; il ne faut pas se laisser influencer par le contexte extérieur : #metoo; et il faut juger une personne et non des idées ou des préceptes.

           J'ai été très choquée par l'attitude des hommes de loi et leur carriérisme dont dépend l'issue du jugement.... d'où leur influence "discrètes" sur les délibérations...

           Un livre qui ne déçoit pas, une lecture prenante et intéressante et malheureusement d'actualité.

           Je vous laisse lire la chronique dont le lien est ci-dessous, qui relate parfaitement mon opinion. A lire après avoir découvert ce livre...

https://aude-bouquine.com/2021/03/03/femmes-en-colere-mathieu-menegaux-grasset-sortie-le-3-mars-2021/

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