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Célestine du Bac de Tatiana DE ROSNAY

Martin jeune homme solitaire et effacé est orphelin de mère. Il est hanté par la mort de celle-ci dans un accident d'avion et qu'il a très peu connu. Il vit avec son père avocat brillant et coureur de jupons et Germinal son chien.

Célestine "Titine du Bac" est une sans abri qui vit sous un porche en bas de chez lui. Un jour de pluie Martin va s'abriter sous ce porche et  rencontrer Célestine. Une profonde amitié va naître de cette rencontre d'autant plus qu'ils vont se rendre compte qu'ils ont un lien commun : l'écriture. Martin écrit un roman, il est passionné par Zola, et Célestine écrit son journal intime. 

Célestine qui "aime Martin comme si elle l'avait tricoté" va essayer de lui redonner goût à la vie et l'aider à faire son deuil.

Après la lecture de ce roman on ne voit plus les sans abri avec le même regard. Comment en sont-ils arrivés là ? Quelle a été leur vie ? Ont-ils des enfants qui s'inquiètent d'eux ?... J'ai aimé ce roman que j'ai lu avec quelque fois les larmes aux yeux et qui se termine sur une note fantastique.

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HS 7244 de Lorraine LETOURNEL LALOUE

Marius et Camille, l'amour de sa vie, décident de faire un voyage à travers la Russie en amoureux. Après une soirée  bien arrosée dans un bar de Grozny Marius se retrouve enfermé dans un cachot sans nouvelles de Camille.

Il ne comprend pas ce qui se passe et ne peut communiquer avec personnes car ses geôliers ne parlent que russe sauf le médecin du camp, un français, qui se livre à des expériences sur les prisonniers. Marius  va néanmoins réussir à se faire un ami Sylvain lui aussi français qui va lui éviter de sombrer. Le quotidien des prisonniers se résume à vivre dans un cachot et à subir des tortures et des privations sans aucune autre forme de procès.

Ce roman est tiré de faits réels qui font froids dans le dos et dénonce la persécution que subit une partie de la population de certains pays de l'Est.  La noirceur du récit et le dénouement  me font  penser aux romans de Karine GIEBEL mais il se dévore d'une traite. Les âmes sensibles devront s'accrocher !

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Memorial Drive de Natasha TRETHEWEY

 

           Le nom de Natasha Trethewey ne me parlait pas du tout. C'es mon libraire qui m'a proposé cette lecture que je ne regrette pas.

           Trente-cinq ans après la mort violente de sa mère à Atlanta, l'écrivaine qui s'était juré de ne jamais y revenir, s'y retrouve pourtant pour des raisons professionnelles.
Evitant jusqu'à Memorial Drive, l'autoroute qu'elle empruntait pour se rendre à la maison où elle vivait avec sa mère, elle tombe pourtant un jour, par hasard dans un restaurant, sur un procureur-adjoint qui se souvient d'elle et va lui remettre des cartons d'archives autrement vouées à être détruites. Le début d'une quête douloureuse et d'une longue rédemption pour Natasha Trethewey, qu'elle raconte dans Memorial Drive, publié le 19 août 2021 aux éditions de l'Olivier.


           A l'aube de la cinquantaine et trente ans après le drame,Natasha Trethewey revêt les traits de la petite fille qu'elle était, née d'un mariage mixte entourée d'amour puis d'adolescente atrocement meurtrie pour raconter les années passées auprès de sa mère, Gwendolyn Ann Turnbough sauvagement assassinée par son deuxième ex époux le 5 juin 1985.


            Natasha Trethewey a obtenu le Prix Pulitzer en 2006; Elle est écrivaine et poétesse de renom aux Etats-Unis. Elle est métisse par sa mère. 

   « Quand j’ai quitté Atlanta en jurant de ne jamais y revenir, j’ai emporté ce que j’avais cultivé durant toutes ces années : l’évitement muet de mon passé, le silence et l’amnésie choisie, enfouis comme une racine au plus profond de moi. »

      Extrait: Elle savait aussi qu'en tant qu'enfant métisse - à mi chemin entre eux deux -, je serai au bout du compte seule dans ce voyage pour comprendre qui j'étais, quelle était ma place dans le monde, tout en portant les fardeaux invisibles de l'histoire, à cheval sur la métaphore. Elle savait aussi qu'on se servirait du langage pour me nommer donc tenter de me limiter - bâtarde, mulâtresse, métisse, négresse - et que, comme avec la mule, cela m'entraverait et m'éperonnerait. Ma mère voulait juste que cela ne me détruise pas.(p52)

             Une écriture agréable et profonde

             Un amour posthume

             Un magnifique hommage

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Coeur de pierre de Pierre PEJU

 

          Si j'avais beaucoup aimé "La petite chartreuse" du même auteur, "Coeur de pierre" m'a surprise... car il s'agit d'un roman en partie fantastique qui parle de nos destins, de nos relations et du pouvoir de l'écriture.

         Le narrateur est écrivain, sa femme venant de la quitter, il ne réussit plus à écrire aucune ligne. Alors il décide de tout abandonner. Il quitte sa maison et met tous ses livres dans des caisses qu'il confie à ses amies. Lors de son tri, il retrouve un roman non publié dans lequel le personnage principal, Leila, décide également de fuir. Se faisant elle rencontre un homme plus âgé qu'elle, celui-ci va l'accompagner dans sa route. 

         Mais, et là est le tournant de ce roman, cette vie de errance ne convient pas à Leila. Elle va retrouver son créateur ( l'écrivain) et le contraindre à changer sa vie et celle de son compagnon de route.

         Une histoire un peu compliquée dont le thème essentiel est: Est ce que notre vie est écrite d'avance? Ou bien: Pouvons-nous influer sur le déroulement de notre existence?

         

 

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Lëd de Caryl Férey

Terminé la chaleur et l'Afrique du Sud Caryl Férey nous emmène en Sibérie à Norilsk la ville la plus polluée au monde. C'est là que se trouve le plus grand gisement de nickel. L'hiver le thermomètre descend à - 60 !  Un soir alors que le blizzard souffle le cadavre d'un nenets (ethnie autochtone vivant de l'élevage de rennes) est découvert sous le toit d'un immeuble arraché par la tempête. Boris Ivanov  est chargé de l'enquête. Il a été muté disciplinairement en Sibérie suite à une enquête ou il avait réussi à trouver le bon coupable. A Norilsk, comme dans toute la Russie, c'est la corruption qui règne. Il va être aidé par Gleb un mineur et photographe amateur, et par Dasha jeune couturière. On ne peut partir de Norilsk qu'en avion, quand la météo le permet, et en cargo deux mois par an après le passage des brises glace. Le décor est planté ! Avec une intrigue policière palpitante, les dernières pages sont stressantes, on apprend beaucoup de choses :  - sur Norilsk qui est un ancien goulag et ou il faut l'autorisation des services secrets soviétiques pour y circuler. - sur les populations autochtones, leurs us et coutumes, et les persécutions subies par le pouvoir soviétique. Ce roman aborde le sujet de la corruption, de la pollution et des dangers de celle ci pour la planète, de l'extermination des autochtones, de l'homosexualité, de la poésie... On ne peut s'échapper de Norilsk.

J'ai dévoré ce roman, dont les personnages sont très attachants, avec bien sur les pieds au coin du poêle !

Bonne lecture et n'oubliez pas le chocolat chaud. 

 

 

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Le garçon au sommet de la montagne de John BOYNE

   

         Pierrot Fischer vit à Paris entre 2 parents de nationalités différentes. Au décès de ses parents, Pierrot est placé dans un orphelinat où il sympathise avec un garçon juif. Puis une tante est retrouvée et accepte de recueillir ce jeune garçon. C'est dans la résidence de Berghof en haut d'une montagne que la tante est gouvernante. Le propriétaire qui n'est autre que Hitler, celui-ci a accepté d'héberger cet enfant.

        Pierrot devient Pieter. Un véritable lavage de cerveau va le transformer. D'enfant calme, gentil, obéissant il devient sous l'influence de Hitler un enfant autoritaire, méchant voir monstrueux. La transformation du caractère de l'enfant est impressionnante.

        Cette histoire montre le pouvoir de Hitler sur les garçons encore malléables dans leur plus jeune âge et la naissance de la jeunesse hitlérienne.

       Le thème de l'endoctrinement qu'il soit nazi ou autre est très bien illustré.

 

 

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Un crime sans importance de Irène FRAIN

 

      Ce récit biographique relate le meurtre survenu dans la famille de l'auteure.

     Sa soeur a été attaquée dans sa villa à l'âge de 79 ans et est morte quelques semaines plus tard de ses blessures après un coma. L'enquête est restée sans suite car la police a déclaré qu'il s'agissait d'un cambriolage. Et le fait que la victime soit décédée plusieurs jours après les faits retarde voir annule toute enquête.

      Or Irène Frain veut savoir et le fait qu'elle soit écrivain ne plaît pas à sa famille qui ne l'a prévenue de ce crime que plusieurs jours après l'agression.

     Irène Frain s'est sentie emmurée dans le silence de la famille, de la police mais également de la justice. A ce jour l'auteure s'est portée partie civile pour obliger la justice de rouvrir ce dossier. L'auteur a besoin d'expliquer le sang versé.

     Après une année d'attente, le silence devient insupportable et Irène Frain décide d'utiliser sa plume pour dévoiler ses sentiments et faire sortir sa famille du silence.

     Par le biais de ce livre l'auteure comprend que le rejet de sa mère, sa haine envers sa fille s'est transmis dans la famille. Heureusement, dans un interview l'auteur déclare que l'écriture de ce livre l'a apaisée.

     J'ai découvert Irène Frain avec Le Nabab en 1982, puis Secret de famille, Devi, Les naufragés de l'île Tromelin, La forêt de 29 et enfin Je te suivrai en Sibérie. Ce sont tous de magnifiques romans ou récits romanesques.

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La Colonelle de Rosa LIKSOM

Quatrième de couverture:

«Je suis née en un temps de haine.
Je suis devenue femme en un temps de haine et de vengeance.»
Une nuit, une vie. Désormais une femme âgée, la Colonelle se souvient de sa propre histoire au cours d’une nuit. Son père et son milieu ont fait d’elle une jeune fille impliquée dans les cercles nationalistes ; son mari, le Colonel, a fait d’elle une nazie finlandaise. Il avait trente ans de plus qu’elle et, très vite, leur relation et leur mariage ont été marqués par la passion et la violence.
Avec La Colonelle, Rosa Liksom livre le portrait d’une femme complexe, à la fois libérée sexuellement et ouverte aux tendances les plus autoritaires, à la fois soumise à son mari et sujette à de véritables extases dans la nature. Dans un style âpre et lumineux, c’est l’histoire d’une femme qui, très tôt, a perdu le contrôle de son avenir. C’est le destin d’une femme emblématique de l’histoire de la Finlande, pays forcé de combattre à la fois la Russie et le Troisième Reich. Que peut-on pardonner? Et combien de fois peut-on recommencer sa vie?

 

Rosa Liksom raconte les années à partir de 1930 avec la montée du fascisme à l'ouest et le communisme à l'est. Elle démontre une collaboration qui a été bien cachée après la guerre. Elle décrit les camps, l'antisémitisme ainsi que la bêtise et la lâcheté humaine. Une part d'histoire assez mal connue.

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La solitude des nombres premiers de Paolo GIORDANO

     Alice et Mattia sont deux êtres abîmés par la vie.

     Suite à un accident de ski, Alice claudique. Elle se sent différente et refuse de laisser son corps grandir.

     Mattia a une sœur jumelle handicapée mentale. Lors d'une invitation chez un copains, Mattia laisse sa soeur dans le jardin publique lui demandant de l'attendre. Il ne la reverra jamais. Rongé par la culpabilité, Mattia se scarifie.

    Mattia et Alice se rencontrent par hasard et vont être très proches l'un de l'autre, ils se croisent et s'éloignent ne comprenant pas qu'ils s'aiment. Un lien indestructible les unit mais ils ne se trouveront jamais vraiment, passant tous les deux à côté de leur vie. Et c'est avec difficulté qu'ils entrent tous les deux dans l'âge adulte, l'un devenant chercheur en mathématiques et l'autre photographe.

     Un roman qui parle du mal-être des ados, leur solitude et leurs souffrances où anorexie, actes de mutilation et de violence sont présents. Un texte fort, poignant avec une description des sentiments assez poussée. Un roman qui ne s'oublie pas.

 

 

 

 

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Puissions-nous vivre longtemps de Imbolo MBUE

 

L'histoire se situe à Kowasa petit village d'Afrique de l'Ouest. Les habitants ont vu arriver un beau jour des étrangers venus chercher l'or noir situé sous leur terre. Ils ne leur ont pas demandé leur avis et se sont installés, ils ont commencé à creuser, à déverser le pétrole dans le sol et les rivières, à polluer l'air avec des fumées toxiques. Les enfants en bas âge ont commencé à mourir parce que l'eau du puits n'était plus potable. Les anciens ont tenté de se révolter sans succès face aux soldats et à la complicité du gouvernement, la jeune génération a repris le flambeau en usant cette fois de violence et en prenant les armes. Thula va partir en Amérique pour acquérir le savoir qui permettra, croit-elle, de tous les sauver. Thula dont le père et l'oncle partis à la préfecture pour plaider leur cause et obtenir de l'aide ne sont jamais revenus.

Il faut prendre son temps pour lire ce roman, il y a beaucoup de personnages qui parlent à tour de rôle. On revient parfois sur le même moment, le même traumatisme raconté par un autre personnage. On se révolte avec les habitants face à tant d'injustice et d'ignominie. 

C'est l'histoire du colonialisme et du mépris des peuples soumis que l'on exploite, de la corruption des gouvernements et des dégâts du capitalisme. Des personnages attachant (notamment Yaya la grand mère) et un très beau portrait de femme.

 

 

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