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2eme guerre mondiale

Berlin requiem de Xavier-Marie BONNOT

 

       Une biographie romancée dans laquelle Xavier-Marie Bonnot mêle la vie du chef d'orchestre Wilhem Furtwängler à celles d'une cantatrice et son fils, tous trois sont issus de familles juives.

      Reconnu comme un des plus grands chefs d'orchestre, Wilhem Furtwängler (1886-1954) resta à la tête de l'orchestre philarmonique de Berlin sous le IIIème Reich et ce malgré la fuite de ses amis musiciens vers l'étranger. Bien qu'il fut antinazi, il voulut protéger les musiciens juifs de son orchestre et se compromit par protection mais aussi par naïveté et orgueil. Il pensait que Politique et Musique étaient deux choses bien différentes.

     Il fut jugé à la fin de la guerre et innocenté mais ne fut jamais vraiment réhabilité malgré le soutien de musiciens de renom.

     Le portrait de ce chef d'orchestre au tempérament compliqué est bien mené et est renforcé par les deux personnages fictifs qui entourent le chef d'orchestre. Christa, cantatrice célèbre, est arrêtée par la gestapo, revenue du camp de Birkenau, elle errera dans son appartement parisien, la vie de ce personnage démontre le climat de cette époque . Tandis que son fils rejoint la résistance et deviendra un grand chef d'orchestre, ce personnage montre les exigences du travail de musicien.

      Le roman se termine sur la rencontre intéressante entre Wilhem et "son remplaçant".

      L'auteur met en avant le rôle et le pouvoir de la musique.

 

Wilhem Furtwängler à la direction de l'Orchestre Philarmonique de Berlin

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Miarka de Antoine de MEAUX

       J'avais beaucoup aimé "Une vie" de Simone Weil, une femme que j'admire. Aussi lorsque "Miarka" m'est tombé dans les mains, c'est avec plaisir, curiosité et intérêt que j'ai découvert la vie de Denise Jacob, la soeur de Simone Weil.

      Si Simone a été arrêtée et déportée avec ses parents en tant que juive, Denise a été arrêtée en tant que agent de liaison à Lyon sous le nom de Miarka. Soumise à la torture, elle a été déportée dans le camp de Ravensbrück puis Mauthausen. Ces 2 conditions d'arrestation ont fait la différence entre les 2 soeurs. L'une victime de la shoah, l'autre de la résistance.

      Antoine de Meaux retrace dans ce roman biographique l'histoire de Miarka. Il s'appuie sur des archives, sa correspondance avec Denise qu'il connaissait très bien, ses écrits ainsi que les carnets de André Jacob, le père de Denise.

     C'est un superbe hommage qu'il nous livre, d'une femme d'exception passée sous silence.

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Le garçon au sommet de la montagne de John BOYNE

   

         Pierrot Fischer vit à Paris entre 2 parents de nationalités différentes. Au décès de ses parents, Pierrot est placé dans un orphelinat où il sympathise avec un garçon juif. Puis une tante est retrouvée et accepte de recueillir ce jeune garçon. C'est dans la résidence de Berghof en haut d'une montagne que la tante est gouvernante. Le propriétaire qui n'est autre que Hitler, celui-ci a accepté d'héberger cet enfant.

        Pierrot devient Pieter. Un véritable lavage de cerveau va le transformer. D'enfant calme, gentil, obéissant il devient sous l'influence de Hitler un enfant autoritaire, méchant voir monstrueux. La transformation du caractère de l'enfant est impressionnante.

        Cette histoire montre le pouvoir de Hitler sur les garçons encore malléables dans leur plus jeune âge et la naissance de la jeunesse hitlérienne.

       Le thème de l'endoctrinement qu'il soit nazi ou autre est très bien illustré.

 

 

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Les danseurs de l'Aube de Marie CHARREL

         Marie Charrel nous conte l'histoire de Sylvin et Maria Rubinstein danseurs de flamenco . Ils ont parcouru le monde de Varsovie à Berlin en passant par New York, pendant qu'ils dansaient le monde s'apprêtait à s'entre tuer... Ils espéraient continuer la danse malgré la fureur nazie mais la barbarie humaine en décidera autrement. Après l'assassinat de sa soeur jumelle par les nazis, ce danseur androgyne de flamenco portera les costumes de sa soeur pour la faire revivre et évoluera sur les grandes scènes du monde avant de devenir un tueur de nazis.

        Parallèlement à l'histoire de ces deux danseurs, l'auteur raconte l'histoire de Lukas et Iva, à Hambourg en 2017. Tous deux fuient leur passé en parcourant l'Europe de l'Est. Leur flamenco est très apprécié mais les deux danseurs vont se confronter à la violence des hommes et leur intolérance. 

        Avec presque un siècle d'écart, Marie Charrel retrace les destins d'artistes épris de liberté, prêts à se battre pour défendre leurs identités.

       Une écriture superbe, des gitans attachants, des pas de danse envoutants, une liberté des gestes dans une époque incertaine.

 

 

 

 

 

                   Sylvin et Dolores

     

        Extrait de wikipédia: Sylvin Rubinstein (1914 à Moscou – 30 avril 2011 à Hambourg) était un danseur et travesti juif-russe, membre de la résistance au nazisme pendant la seconde guerre mondiale.

 Il quitte la Russie pour la Pologne avec sa mère et sa sœur jumelle Maria, lorsque son père aristocrate est exécuté par les bolcheviks.  Sylvin et Maria gagnaient de l’argent en dansant sur le marché de la ville.  À l’adolescence, ils dansaient professionnellement, comme un numéro de flamenco présenté comme Imperio y Dolores.  En tant qu’Imperio et Dolores, ils ont été en tête d’affiche dans des music-halls à travers l’Europe, ainsi qu’à New York et en Australie. 

Après la guerre, Rubinstein retourne à la danse. [3] « Devenir Dolores était ma façon de faire face à la mort de ma sœur jumelle... seul un jumeau peut comprendre à quel point c’était horrible. C’était comme être déchiré en deux. Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à elle. » Dans l’Allemagne occupée par les Alliés, Rubinstein a témoigné au nom du major Werner devant un conseil d’administration américain pour gagner sa liberté.

Rubinstein, sous son apparence féminine en tant que Dolores, est devenu un artiste majeur du music-hall dans les années 1950. Mais l’âge avancé et l’évolution des goûts ont fait des ravages.

Sylvin Rubinstein est décédé le 30 avril 2011, alors qu’il vivait dans un appartement dans le quartier portuaire de Hambourg. Un documentaire, Er tanzte das Leben (Danser sa vie), a été réalisé sur l’histoire de sa vie.

 

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Le parlement des cigognes de Valère STARASELSKI

   

            Katell, David, Zahia  et Théo font partie d'un groupe d'étudiants en stage à Cracovie. Plus curieux que les autres, ils partent visiter la ville, ce qui permet de belles descriptions de cette ville.

           Leur désir d'apprendre et de comprendre les mène dans le quartier juif avec quelques explications du vécu de ses rues. Zahia intéressée par la culture emmène le groupe au musée d'art où ils rencontrent un vieil homme assis, immobile devant le tableau: "Le Parlement des cigognes". Venu exprès à Cracovie pour contempler ce tableau, Zygmunt va partager son passé avec ces jeunes curieux et intéressés.

          Il raconte sa fuite, les camps le ghetto et un fait peut être moins connu: ce sont les griefs et les dénonciations des paysans polonais vers leurs compatriotes juifs.

          Un petit roman passionnant qui en quelques 100 pages  décrit la ville de Cracovie sous la neige, le caractère et l'intérêt de 4 étudiants, l'histoire de la Pologne sous la 2ème guerre mondiale, la force incroyable et la volonté de vivre d'un jeune homme (à l'époque) juif et l'attitude des polonais durant cette guerre.

         Ainsi que le titre du livre assez singulier qui trouve son explication dans les confidences d'un vieux monsieur...

 

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Pacifique de Stéphanie HOCHET

         Ce livre fait parti de la liste des 4 livres proposés pour le prix des Bibliothèques Pour Tous 2021.

        Voici le résumé/analyse  écrit par les bénévoles qui gèrent ce prix:

27 avril 1945. Isao Kaneda s’apprête à partir pour une mission suicide visant un navire ennemi. Honoré et fier de donner sa vie pour l’Empire, il adresse un hommage vibrant à sa grand-mère, issue d’une famille de samouraïs, qui l’a élevé selon les codes de loyauté du Japon ancestral. Tenaillé par une sourde angoisse à l’approche de sa mort imminente, il ne peut s’empêcher de douter de la valeur de son sacrifice au moment où la défaite s’annonce.
         Dans ce récit court mais dense, Stéphanie Hochet brosse le portrait du jeune homme, pétri de valeurs traditionnelles, habité par la beauté austère du théâtre Nô et formé aux arts martiaux. Par des phrases concises, ciselées, riches de multiples formes de poésie florale et de lyrisme guerrier, elle fait entrer son lecteur dans l’intimité du kamikaze qui se prépare au sacrifice ultime. Autour de la trame historique de la bataille du Pacifique, cet ouvrage livre une véritable réflexion culturelle et philosophique sur la force des traditions japonaises, le sens de l’honneur et le culte de l’Empereur, garant de l’intégrité nationale. L’émouvante force poétique du récit culmine dans un final d’une sérénité absolue. 

 

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La bibliothécaire d'Auschwitz de Antonio G. ITURBE

    Ce roman sorti en 2012, traduit en plusieurs langues, arrive enfin chez Flammarion.

    L'auteur s'est largement inspiré de la vie de Dita Polachova qu'il a rencontrée puis suivie lors des signatures du roman.

     Dita est née en 1929 à Prague, elle y subit l'occupation par l'Allemagne nazie. A 12 ans, elle est envoyée au camp de Terizin avec ses parents puis en 1943 à Auschwitz et en dernier lieu à Bergen-Belsen où elle sera libérée par les troupes britanniques (comme Simone Veil).

      Au camp de Auschwitz, au sein du bloc 31, Fredy Hirsch met en place une école clandestine. Il donne  la charge d'une petite bibliothèque de 8 livres à Dita qu'elle doit cacher sous des planches au sol, c'est elle qui sort les livres et les fait circuler uniquement dans le bloc 31. Elle les répare avec minutie. Quelques livres sont cités de mémoire comme "Le merveilleux voyage de Nils Holgersson" par des prisonniers et restitués aux enfants.

     A la sortie de cet enfer, Diya épouse Ota Kraus, qu'elle avait entrevue à Auschwitz et retrouvé à Prague. Elle vit actuellement à Netnya en Israël.

     Un livre plein de courage, d'humanité, de persévérance et d'amour malgré un contexte totalement inhumain, .

J'avais une certaine réserve pour ce livre traitant des camps de la mort mais ne regrette aucunement cette lecture qui malgré son dur réalisme est rempli d'optimisme et de réflexion pour chacun d'entre nous....

       Extrait de l'étape finale page 463:

     "Certaines ne partageront pas cette fascination pour le fait qu'une poignée de personnes aient joué leur vie afin de garder ouvertes une école secrète et une bibliothèque clandestine à Auschwitz-Birkenau...... C'est vrai: la culture n'est pas nécessaire à la survie de l'homme, seuls le sont le pain et l'eau. Mais si l'homme peut survivre en ayant du pain à manger et de l'eau à boire, quand il n'a que cela, c'est l'humanité entière qui s'éteint. Si l'homme n'est pas ému par la beauté, s'il ne ferme pas les yeux pour mettre en marche les mécanismes de son imagination, s'il n'est pas capable de se poser des questions et d'entrevoir les limites de son ignorance, c'est un homme ou c'est une femme, mais ce n'est pas une personne; rien ne le distingue d'un saumon, d'un zèbre ou d'un bœuf musqué."    A MEDITER.....

 

DITA KRAUS née POLACHOVA - tchèque - née en 1929

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La cliente de Pierre ASSOULINE

     Le narrateur est biographe professionnel, il a besoin de renseignements sur la vie d'un écrivain,Désiré Simon, accusé en 41 d'être juif, se faisant il découvre  des milliers de lettres de dénonciations d'un ami, d'un voisin, d'un membre de la famille... Autorisé à consulter les archives de l'Occupation, il découvre une lettre dénonçant la famille de son ami François, les Fecher, dont seul le père a survécu et a pu récupérer ses biens à la libération.

     Le narrateur réussit à identifier l'auteur de la dénonciation. Hanté par sa découverte il n'aura de cesse de comprendre POURQUOI cette personne a-t-elle fait cela... Tous les moyens seront bons pour savoir...

     Ce roman met en avant la quantité incroyable de lettres de délation sous l'occupation, le comportement de l'administration française de l'époque...

    Le fait de ne pas nommer le narrateur, on sait simplement qu'il est historien, permet au lecteur de s'immerger dans cette histoire à rebondissements.

    Un beau roman, un beau devoir de mémoire...

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La gouteuse d'Hitler de Rosella POSTORINO

Par crainte d'être empoisonné, Hitler recrute dix femmes allemandes au hasard. Celles-ci goûteront tous les plats proposés au dictateur qui attendra 1 heure avant de manger. C'est la peur au ventre que ces jeunes femmes mangent ne sachant si c'est leur dernier repas.

Le personnage principal est Rosa Sauer qui, à l'engagement de son mari dans l'armée, quitte Berlin et les bombes pour aller vivre chez ses beaux-parents en Prusse Orientale. C'est à Groos-Partsch  que Hitler a établi son état-major et c'est là que Rosa sera conduite. Ce roman transmet ses doutes, ses craintes et ses sentiments.

 L'auteure s'est appuyée sur le témoignage très tardif, à 95 ans, de Margot Wölk, la dernière goûteuse d'Hitler en vie. C'est elle qui lui a inspiré son personnage principal : Rosa Sauer. Un pan de l'histoire que j'ignorais.

 

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Les déracinés de Catherine BARDON

Résumé: Une fresque historique qui démarre à Vienne en 1932 où Almah et Wilhem se sont rencontrés et se termine en 1961 en République Dominicaine.

Wilhem est journaliste, il est promis à une belle carrière.

Almah, fille de famille bourgeoise, se consacre à la médecine tout comme son père. Pour Almah la vie est confortable et riche de découvertes, en effet Almah a un caractère bien trempé et est prête à vivre sa vie sans détour.

Mais la seconde guerre mondiale approche et se fait sentir en Autriche où les allemands persécutent les juifs. Les artistes et les intellectuels commencent à s'exiler en Amérique et autres pays receveurs.

Après quelques années et le départ de quelques membres de la famille, Almah et Willem décident de s'exiler vers les États-Unis. Ils devront pour cela s'arrêter en Suisse, traverser la France, L’Espagne et le Portugal pour embarquer vers la République Dominicaine car leur visa pour les États-Unis s'avère être un faux...

Sur cette île, 100 000 visas ont été accordés aux juifs pour fonder une colonie, plutôt une sorte de kibboutz dans ce milieu hostile au soleil accablant... et je n'en dirai pas plus....

Mon avis: Un pan de la seconde guerre mondiale méconnu, tant au niveau des difficultés pour s'exiler que la vie en R.D. sous une dictature sans pitié.

Des personnages très attachants et très courageux.

Des liens d'amitié, d'amour, d'entraide. des relations humaines très riches.

Beaucoup d'émotion, de nostalgie, de suspense.

Un roman instructif, très bien documenté et romancé.

Une belle écriture

Un 1er roman à lire et à faire lire

 

 

 

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