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litterature canadienne

Ce qu'elles disent de Miriam TOEWS

 

 

        Colonie mennonite de Molotschna, 2009.

 

     L'auteur est née dans une communauté mennonite au Canada.

    Dans ce récit, elle donne la parole à huit femmes, mères, grands-mères ou jeunes filles. Ces femmes tiennent une réunion secrète pendant que les hommes sont partis à la ville.

Depuis quelques années, certaines femmes sont retrouvées battues et violées au petit matin, totalement inconscientes.

D'après ces chrétiens baptistes, ce serait le diable qui œuvrerait.

Mais elles savent qu'il n'en est rien et qu'elles sont les victimes des hommes.

 

     Elles ont 48 h pour  réagir avant le retour des hommes. Toutes sont analphabètes et ne peuvent que croire en l'interprétation que font les hommes de la parole de Dieu... Elles ignorent tout du monde extérieur, elles ne sont au courant d'aucune actualité et n'ont aucune notion géographique...

Et pourtant elles vont réussir à partir, elles ne fuient pas, elles partent...

 

      Ce récit tiré d'un fait réel, retranscrit les échanges entre les femmes et August un jeune instituteur. Sous forme d'un compte-rendu, August note leurs questionnements, leurs colères mais aussi leurs peurs. 

 

 

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Invisible sous la lumière de Carrie SNYDER

 

Née au Canada, Carrie Snyder enseigne à l'Université de Waterloo. Elle a écrit deux recueils de nouvelles et travaille également en free-lance comme journaliste. Invisible sous la lumière est son premier roman. Il s'est inspiré des Jeux Olympiques de 1928 durant lesquels les premières femmes athlètes furent autorisées à participer.

 

     

        Agée de plus de 80 ans, Aganetha vit repliée dans ses souvenirs dans une maison de retraite quand 2 personnes qui lui sont inconnues la sortent de son lieu de vie. Cette femme et cet homme veulent réaliser un document sur sa carrière. Aganetha se laisse "enlevée" malgré ses réserves et sa volonté d'oublier son passé. 

      Dans sa tête passé et présent se mélangent et c'est la démarche qu'utilise l'auteure pour retracer la vie de cette championne remuant les secrets de famille et réactivant sa passion de la course.

     1928: jeux olympiques d'Amsterdam. Pour la 1ère fois quelques épreuves d'athlétisme sont ouvertes aux femmes. Alors que Aganetha courait par plaisir et passion  mais aussi par besoin, elle connait la gloire lors de ces jeux. Sa meilleure amie Glad l'a aidée à se surpasser car Aganetha n'avait pas le mental d'une gagneuse. Elle ne s'est ni laissée enfermée dans la célébrité ni dans  la condition féminine de cette époque puritaine, elle ne se marie pas et n'a pas d'enfant. 

      Aganetha a vécu sa vie en restant elle-même, libre et toujours surprise de ses succès mais aussi blessée par des situations difficiles..... elle est "invisible dans la lumière".

      Ce roman est très bien mené à tel point que l'on peut imaginer que Aganetha a réellement existé. L'auteur s'est inspiré de femmes réels notamment des " Matchless Six" ( les "Six Inégalables"), surnom donné à l'équipe féminine canadienne qui obtint la médaille d'or au 4 fois 100 mètres et au saut en hauteur. 

      L'auteur a introduit un personnage réel: Alexandrine Gibb pour rendre hommage aux femmes et aux hommes qui œuvraient en coulisse pour faire évoluer le monde sportif.  Elle a créé et dirigé la première équipe féminine internationale. Gibb a défendu les branches féminines du sport à travers le Canada et a été impliquée dans de nombreuses organisations de femmes, y compris le Canadian Ladies' Athletic Club qu’elle a inspiré. Elle a été journaliste sport

       Ce roman se déroule au début du XXème, dans le Canada puritain avec en toile de de fond la guerre 14/18, la grippe espagnole, la grande dépression mais avant tout la condition féminine, leur émancipation, le mariage, la réputation, l'égalité des sexes et l'avortement. Mais ce qui transparait le plus est le sentiment de liberté que peut procurer une réussite sportive dans un monde d'hommes.   

      L'auteure donne quelques explications en fin de roman:  Lors de ces jeux de 1928, il paraîtrait que la moitié des finalistes au 800 mètres n'ont pas terminé leur course mais cette affirmation a été remise en question en 2012 grâce à des images filmées. Mais la conséquence de ce constat erroné  fut dur car un comité interdit les femmes de courir des distances supérieures à 200 mètres. ce n'est qu'en 1960 que les femme furent enfin autorisées à courir le 800 mètres.

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Les optimistes meurent en premier de Susin NIELSEN

  Ce roman pour adolscent a reçu le prix Liventête de l'association Culture et Bibliothèques Pour Tous. Cette fois, c'est la curiosité du titre qui a amené vers ce livre.

 Depuis son traumatisme, Pétula doit suivre un cours d'Art Thérapie organisé dans son lycée. Elle s'accuse de la mort de sa petite soeur et a développé de nombreuses phobies depuis ce drame. Lors de ces cours, elle rencontre Jacob qui a également besoin d'aide. A la suite d'un grave accident dans lequel il a perdu ses 2 amis, il est manchot et appareillé.

  Si dans un premier temps, les jeunes qui suivent ces cours ne se supportent pas, petit à petit une complicité s'établit entre eux. Mais tous ne disent pas la vérité sur leur passé...

  Dans ce beau roman, on assiste à la reconstruction d'adolescents blessés par la vie, le tout sans pathos et avec beaucoup d'humour !

 

 

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Ru de KIM THUY

Kim Thúy est une écrivaine québécoise d'origine vietnamienne.

Elle est née pendant l'offensive du Têt. À 10 ans, sa famille et elle fuyaient le Vietnam cachés dans la cale d'un bateau, entassés les uns sur les autres. Après avoir vécu quatre mois en Malaisie dans un camp de réfugiés, ils se sont installés à Granby au Canada.

Elle a effectué un double cursus universitaire à l'Université de Montréal : diplômée en linguistique et traduction en 1990 et diplômée en droit en 1993.
Elle a été traductrice, interprète, avocate, restauratrice avant de se mettre à l'écriture.

Dans "Ru" (2009), son premier roman, elle raconte, au fil de la mémoire qui avance par vagues, insouciante de l'ordre du temps, ses souvenirs pêle-mêle. Best-seller au Québec et en France et traduit dans plus de vingt-cinq langues, "Ru" a aussi remporté de nombreux prix littéraires dont le prestigieux prix du Gouverneur général du Canada 2010.

Mère d’un garçon atteint d’un trouble du spectre de l’autisme, Kim Thúy a collaboré à l'écriture de "L'autisme expliqué aux non-autistes" (2017) de Brigitte Harrisson et Lise St-Charles. (Source Babelio)

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Le club des miracles relatifs de Nancy HUSTON

Ce roman est un cauchemar vivant, et ce qui est le plus inquiétant c'est qu'on sent, on sait que notre société du profit génère toute cette violence, qu'elle est là, déjà là… proche de nous...
C'est un livre qu'on ressent avec son corps, avec ses sens, c'est d'une grande puissance d'interprétation.

J'ai découvert ce nouveau roman de Nancy Huston à la médiathèque et comme j'adore cette auteure je me suis jetée sur ses pages avec enthousiasme.

C'est l' histoire d'un jeune homme en décalage avec la "norme humaine" car trop grand par l'esprit et trop petit par la taille, qui se retrouve emprisonné pour avoir lu de la poésie russe à des malades au corps ravagé par les émanations toxiques qu'ils inhalent seize heures par jour.
Il m'a fallu arriver à la moitié du roman pour comprendre vraiment où l'auteure voulait mener le lecteur.
J'avoue avoir été déçue par ce roman qui mis à part quelques passages: l'histoire d'amour entre Beatrix et Ross. Les parents de Vian , s'expriment  sans ponctuation et avec des espaces injustifiés entre les mots m'ont fortement dérangée.
L'univers inventé par Nancy Huston dans ce roman est, de plus, plutôt complexe, et il vaut mieux le lire d'une seule traite  pour s'y retrouver!
Un roman qui ne restera pas dans ma mémoire!.

 

Par contre je vous conseille du même auteur:

  • La virevolte
  • L'empreinte de l'ange
  • Lignes de failles
  • Reflets dans un oeil d'homme qu est un essai

Et certainement d'autres titres que je n'ai pas lus.

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Visage retrouvé de Wajdi MOUAWAD

visage-retrouve.jpg

Résumé / Analyse: Ce livre est écrit en 3 parties: Une 1ère partie appélée: "Le temps", puis un 1er livre avec "La Peur et la Beauté" et un 2ème livre qui a pour titre: "La Colère".

       Dans un 1er temps, l'auteur raconte l'enfance de Wahab, le personnage principal. Ce récit est mené en petits paragraphes qui relatent sa vie de 4 à 7 ans. Chaque "paragraphe" raconte son jardin, la cour de récréation de son école, les trajets en voiture en famille et se termine par: "Le temps passe...".

        Puis c'est la tragédie avec le début de la guerre marquée par l'incendie d'un bus de Palestiniens en 1975 auquel l'auteur a assisté et qu'il relate dans ce roman. Cela permet au lecteur de dater et de situer le récit: début de la guerre civile libanaise 1975-1990.

        C'est à partir de cet évènement que Wahab commence à cauchemarder: "Une femme vêtue de noir. Ses mains et ses bras sont en bois. Son visage est voilé." En fait c'est l'image de la Mort.  Le lecteur entre alors dans une répétition lancinante et dure :"L'enfance est un couteau planté dans la gorge". La peur de Wahab dans cet univers de guerre est douloureuse.

        Après ces quelques chapitres, suit le 1er livre où Wahab a 14 ans. Pour son anniversaire, Wahab reçoit en cadeau la clé de son appartement, le signe de sa sortie de l'enfance.

        Mais lorsque Wahab rentre à la maison et utilise pour la 1ère fois sa clé, l'appartement a changé: sa chambre est différente de celle de ses souvenirs et, plus grave, il ne reconnaît plus les femmes de sa famille, il ne reconnaît ni sa soeur, ni sa mère. Wahab confie à son meilleur ami, Colin, qu'il est devenu fou.

        Alors Wahab fuit car il ne supporte plus sa famille, surtout sa mère. Il fugue le long des avenues de cette ville froide et enneigée. Il rencontre Maya; tous les deux ont leur peur; lui la femme aux membres en bois et elle, la peur des loups; depuis la mort de son frère, elle ne parle plus.  

        Dans le 2ème livre, Wahab a 19 ans. Il est artiste-peintre et recherche à reproduire le visage de sa mère. La peinture est sa thérapie. C'est à cette époque que le cancer de sa mère s'aggrave. Wahab nous parle alors de ses souvenirs: le choix de la peinture, les séances avec le psychologue après sa fugue, les relations avec sa famille.

        Alors que sa mère est morte sur un lit d'hopital, Wahab quitte sa chambre en oubliant son manteau. Il lui faut revenir dans cette chambre. Il va être obligé de combattre sa peur. Face à sa mère morte, il va enfin reconnaître son visage. Grâce à cette mort, c'est l'enfance qui fait enfin place à l'âge adulte. On peut penser que Wahab va enfin pouvoir vivre.

       Dans ce roman, Wahab est à la recherche de ses origines, de son identité. C'est le thème de prédilection de Mouawad qu'il a développé dans plusieurs pièces de théâtre. Wahab est au moment de la vie peut être la plus difficile: le passage de l'adolescence à l'âge adulte.  

       Ce récit est un récit de vie dans lequel tous les ingrédients sont réunis pour que le personnage dérape psychologiquement. Beaucoup d'images psy sont utilisées.

       Je remercie la personne qui m'a conseillé ce livre.

L'auteur : (source babelio)   

Nationalité : Canada
Né(e) à : Deir El Kamar (Liban) , le 16/10/1968

    Wajdi Mouawad est un auteur, un metteur en scène et un comédien canadien. Bien qu'il ait vécu au Liban et en France, il est établi au Canada depuis 1983.

Ses nombreux succès outre-Atlantique, tels que Littoral (1997) ou encore Incendies (2003), lui apportent la reconnaissance du public et lui offrent la possibilité de revenir en France.

L'ensemble de son travail sera à maintes reprises remarqué et récompensé par des prix. Ainsi, en 2000, il est lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général du Canada dans la catégorie théâtre.
Il devient par la suite réalisateur et scénariste en 2004 en adaptant au cinéma sa pièce Littoral.

Le 9 mai 2005, le Molière du meilleur auteur francophone de théâtre lui est attribué pour Littoral, mis en scène par Magali Leiris avec Renaud Bécard, mais il le refuse afin de dénoncer les théâtres sans comité de lecture et les directeurs de théâtre qui jettent les manuscrits.
En 2009, son dernier volet, Ciels, est présenté avec le reste de la quadrilogie au festival d'Avignon, dont il est l'artiste associé au Festival d'Avignon et reçoit le Grand prix du théâtre de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre dramatique.

Le 17 septembre 2010, Incendies, une adaptation cinématographique de la pièce éponyme, réalisée par Denis Villeneuve, sort en salle au Québec après avoir été présentée dans plusieurs festivals et remporté de prestigieuses récompenses au cours des mois précédents.
En avril 2011, Mouawad se retrouve au centre d'une controverse pour avoir invité Bertrand Cantat à participer à sa dernière création, une trilogie de Sophocle qu'il monte au Théâtre du Nouveau Monde notamment.

En 2002 il est fait Chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres, décerné par la France pour l'ensemble de son œuvre.

 

 

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