Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

litterature francaise

Salina de Laurent GAUDE

Un vieil homme s'approche de la ville du clan Djimba. Il porte un bébé dans ses bras, celui-ci pleure sans cesse. Le cavalier dépose le bébé à l'entrée de la ville et repart.

Mamanba recueille le bébé qu'elle prénomme Salina et l'élève comme sa fille bien que le clan rejette cette enfant.

Elevée avec les 2 frères de la famille, Salina est attirée par Saro mais c'est à Kamo qu'elle est promise et qu'elle sera contrainte d'épouser dès ses 1ères menstrues. Salina hait cet homme violent et n'aura de cesse de se venger du clan Djimba. Elle est délivrée de ce mari répugnant grâce à une guerre contre une autre tribu et le laissera mourir sans lui porter secours. Rejetée par le clan, elle déambulera dans le désert... et je n'en dirai pas plus!

Un roman à la fois conte africain et pièce de théâtre.

Une écriture magnifique qui vous emporte dans ces contrées aux rites surprenants.

Un conte tragique où passions, haine, vengeances et exils se mêlent.

Voir les commentaires

La rouille de ERic RICHER

 

La trame: Noi est le héros de ce roman, c'est un adolescent de 14 ans. Ce roman se déroule dans un pays post-soviétique que l'auteur ne nomme pas. Pour devenir un homme, un rite de passage est obligatoire...

L'histoire: Noi vit seul avec son père, sa mère est partie on ne sait pas où. Ils sont entourés du grand père, d'un oncle et de plusieurs amis chasseurs. Noi et son père vivent tous les deux dans une casse automobile. Noi aide son père à dépolluer les véhicules, à transporter les véhicules accidentés. Noi assiste aussi aux accidents et ses horreurs. Au début du roman Noi subit un traumatisme: le chien qu'il adore est malade et le grand père de Noi le tue froidement d'un coup de fusil.

C'est un grand choc pour l'adolescent qui pour pallier à ce manque va sniffer les détergents utilisés dans la casse. Cette addiction va lui provoquer des hallucinations : un requin qui tourne autour de lui et qui symbolise l'esprit de son chien...

En plus: En fait Noi n'est autre que l'auteur, et l'histoire aurait pu se passer dans le Gard qui dans les années 80 pouvait ressembler à un pays de l'Est. Ce roman est en fait un règlement de compte déguisé (dixit l'auteur dans un interview).

L'auteur est projectionniste et a pu être influencé par les films visionnés notamment dans l'écriture de son roman qui a souvent un style scénaristique.

La rouille pourquoi? La rouille c'est les carcasses des voitures mais aussi et surtout la rouille intérieure, la maladie que l'on ne sent pas arriver et qui lorsqu'elle apparaît, il est trop tard.

Mon avis: Un livre déjanté que j'ai eu du mal à lire car le vocabulaire est cru, le style est parlé et l'histoire qui d'un premier abord est irréelle ou du moins on la souhaite irréelle est tout à fait malheureusement réaliste. Un livre très sombre par le contenu et le vocabulaire utilisé.

Une lecture qui m'est inhabituelle mais à connaître.

Voir les commentaires

SIGMA de Julia DECK

Voici le 2ème livre proposé pour le prix Hors Champ de l'UNCBPT.

Les livres proposés sont inhabituels par le contexte, le style, la présentation... La particularité de celui-ci est sa construction car l'histoire est racontée par l'intermédiaire de comptes-rendus d'espion pour une organisation secrète: SIGMA. Les lieux, dates, expéditeurs et destinataires sont très précis pour chaque rapport

Sigma place des agents auprès de personnes influentes afin de les contrôler. Ces agents sont des assistants, des conseillers voire des amis de personnes importantes et sont donc au plus près d'elles pour les épier. Il y a ' cibles: un scientifique, une galeriste, une actrice et un banquier. 

Le sujet de l'espionnage: une toile majeure du peintre Konrad Kessler risque d'être dévoilée au public et celle-ci semble être compromettante, tout est mis en oeuvre pour intercepter cette toile.

L'histoire se découvre au fur et à mesure des rapports envoyés par les agents à l'organisation Sigma qui elle-même se concerte avec le bureau puis le département.

Les mouchards électroniques, les surveillances, l'interdiction de montrer une oeuvre qui peut "faire réfléchir" me font penser à 1984 de Orwell où le personnage principal Big Brother surveillent ceux qui pourraient penser par eux-mêmes!

Un roman d'espionnage surprenant car à mon avis il est non conventionnel. 

 

  

Voir les commentaires

Berlin on/off de Julien SYRAC

J'ai lu ce livre dans le cadre du prix Hors Champ organisé par l'UNCBPT, association qui rassemble les bibliothèques pour tous.

Voici 3 nouvelles écrites sous forme de monologue qui se déroulent en Allemagne, dans le milieu de l'art.

Un jeune auteur vit dans l'espoir de se faire publier et est prêt à tout pour cela. Il accompagne des poètes.  Il attend une poétesse juive à l'aéroport...

Un modèle pose nu et observe le prof et ses élèves.  Le prof vivait en RDA, il a tout perdu lors de la réunification de l'Allemagne...

Un sculpteur sur métal s'est retiré dans la campagne allemande...

L'auteur décrit un monde artistique dans lequel chaque artiste voudrait se faire un nom mais les places sont chères dans ce domaine.

Un texte original, loufoque et grinçant voire cynique qui ne ménage pas le monde de l'art. Un style moderne qui montre la jeunesse de l'auteur.

 

Voir les commentaires

Le jour d'avant de Sorj CHALANDON ***

Résumé: JoJo Flavent et son petit frère Michel s'entendent à merveille. jojo rêve d'être pilote de course comme Steve McQueen dans "Le mans"... mais il sera mineur. Le charbon s'incruste dans la peu, dans les yeux, les ongles, les pores des mineurs. La mort est omniprésente ainsi que la silicose.

Le 27 décembre 1974 à la fosse Sainte Amé de Lievens Lens dans le Nord Pas de Calais, un coup de grisou tue '2 mineurs. Jojo est parmi eux...

Quarante ans plus tard Michel n'a pas oublié, il a vécu tant bien que mal avec cette disparition et celle de son père qui s'est suicidé. Il y a prescription pour la mort de Jojo  mais Michel va tout faire pour lancer un procès...

Mon avis: Un roman-récit dur qui nous interpelle à plusieurs niveaux: la culpabilité, le mensonge, la souffrance, la justice, l'hommage au mineurs...

Comment peut-on vivre dans la culpabilité?

Comment peut-on s'approprier et se persuader d'une vérité?

Jorg Chalandon mélange réalité et fiction avec beaucoup de sensibilité et d'humanité. Une histoire surprenante dont le déroulement est inattendu.

Un très beau texte.

Voir les commentaires

Marthe ou les beaux mensonges de Nicolas d'ESTIENNE D'ORVES

Marthe Richard, Marthe Betenfeld de son nom de naissance, une héroïne aux multiples activités et surtout connue pour la loi qui porte son nom: la fermeture des maisons closes en 1945. Cette loi lui valut le surnom de "la veuve qui clôt".

C'est son premier amour rencontré alors qu'elle s'est échappée de la cellule familiale qui la plonge dans la prostitution. A 16 ans elle estime que c'est "un esclavage consenti" par amour mais aussi qu'elle n'avait pas le choix.

Après avoir "travaillé" à Paris puis en Italie, elle revient sur la capitale où elle rencontre et épouse Henri, un homme riche et amoureux qui satisfera tous ses désirs.

Marthe va se passionner pour l'aviation et sera l'une des 1ères à voler, mais un accident la plongera dans le coma dont elle sortira encore plus volontaire...

L'auteur dresse un portrait de Marthe Richard sympathique, mouvementé, plein de sensibilité, le tout est traité de façon romanesque sans oublier les dessous de la vérité.

Ce récit s'arrête en 1955 à sa sortie de prison où elle passe 15 jours pour accusation de vol de bijou dont elle n'arrivait pas à prouver qu'elle les avait achetés...

Une note de l'auteur précise que durant ses 27 dernières années Marthe perd de sa fantaisie de son extravagance pour devenir une vieille dame indigne.

Un roman-récit très plaisant et intéressant à lire qui nous plonge dans les années fin XIX jusque mi XXème.

Les dernières lignes: "Malgré la douceur de l'air, je passai un été maussade. Le séjour à la Roquette avait insinué dans mon esprit un virus sournois. Je n'avais ni faim, ni soif, ni envie de rien. Une lassitude générale, qui semblait sans issue.

- Vous faîtes une petite dépression nerveuse, madame Crompton, me dit mon médecin

-Une dépression? Moi?

-Eh bien oui, me répondit le docteur, étonné par ma surprise. Ménagez-vous. Voilà soixante-cinq que vous ne cessez de courir, de combattre. Votre corps ne suis plus et votre esprit risque d'y perdre le nord. Prenez du recul. Des vacances...

Les vacances? Voilà une notion qui m'avait toujours été étrangère. ne plus voler, c'est s'écraser. "

Voir les commentaires

L'eau qui dort de Hélène GESTERN

 

Extrait: "Le contraste entre la beauté du printemps et l'atmosphère sombre du Précy est si fort qu'il en est presque cruel. Hier, les cerisiers en fleurs, dont les pétales jonchent les carrés de gazon, ont enveloppé les allées de neige éphémère, comme pour faire oublier les secrets, les non-dits qui empoisonnent nos journées. Les carpes filent silencieuses, dans l'étang, et leur dos argenté fait trembler la lumière du matin sur le miroir de l'eau. On oublierait presque en les observant le chaos du dehors."Résumé Babelio: Un soir, Benoît Lauzanne, représentant de commerce parisien, quitte le domicile conjugal pour ne plus y revenir. Au buffet de la gare de V., la ville de province où il s’est réfugié, il est bouleversé par une femme dont la silhouette lui rappelle de façon troublante Irina, une artiste peintre qui fut le grand amour de sa jeunesse. Mais Irina a disparu vingt ans plus tôt sans laisser de traces. Dès lors, Lauzanne n’aura plus qu’une obsession : retrouver cette femme. Sa quête l’amènera à croiser un jardin, à renouer avec la nature, à laquelle il aurait voulu consacrer à sa vie, mais les obstacles qui jalonnent la recherche d’Irina le conduiront à revivre différents épisodes du passé qu’il a pourtant tenté de laisser derrière lui, mais dont il reste le prisonnier...

Mon avis: Je suis une inconditionnelle de Hélène Gestern... et tout les ingrédients sont réunis ! Un style très agréable, un roman qui ne se lâche pas et nous tient en haleine jusqu'au bout, et beaucoup de notions abordées... La disparition, les conséquences dans la vie de ceux qui restent, la désertion, la séparation, la quête personnelle, le couple, une enquête... Le tout dans un cadre naturel que l'on visualise sans difficulté.

Bref un bijou que je vous recommande!

Voir les commentaires

Un monde à portée de main de Maylis De KERANGAL

Dans ce roman, Maylis nous plonge une nouvelle fois dans un milieu inhabituel.

Cette fois-ci, elle a choisi le monde de la peinture et plus particulièrement le trompe-l'œil et le facsimilé.

Paula, , Kate et Jonas étudiants dans cet Institut de la rue du Métal en Belgique vont sympathiser et rester en contact après leur année d'études.

Avec une magnifique écriture, un vocabulaire adapté, des explications détaillées l'auteur nous transporte à Bruxelles, Moscou et enfin Lascaux.

L'auteur s'attache plus particulièrement au personnage de Paula qui après 2 années d'études des arts entre dans cette école dans laquelle elle s'émancipe et se dévoile.

J'ai pensé que Maylis De Kérangal connaissait bien le monde des jeunes adultes qui se cherchent, ont des manières , un langage qui leur son propre car on retrouve nos jeunes qui nous entourent dans ses descriptions.

Cette auteure connaît bien le monde de l'imitation car elle explique comment apprendre à  imiter le bois, le marbre, l'écaille de la tortue.... et surtout,comprendre comment  entrer en relation avec le sujet à imiter, et cela c'est Jonas qui fera prendre conscience à Paula de cette dimension: être sensible à la mélancolie de l'orme, à la vitesse du frêne, à la paresse du saule blanc...

Certes je suis une inconditionnelle de Maylis mais j'avoue que cette fois et encore plus que les précédentes lectures,  je me suis laissée emportée par ses phrases en mouvement...

Bref un régal !!!

Extrait: " Octobre, les bois. Sensation d'entrer dans une pénombre que trouent çà et là des puits de lumière, dans un espace acoustique que traversent, harmonieux ou dissonants, d'autres corps et d'autres voix. D'autres langues aussi, et celle que l'on parle dans l'atelier est une langue inconnue que Paula doit apprendre...elle engrange les mots tel un trésor de guerre, tel un vivier, troublée d'en deviner la profusion - comme une main plonge à l'aveugle dans un sac sans jamais en sentir le fond -, tandis qu'elle nomme les arbres et les pierres, les racines et les sols, les pigments et les poudres, les pollens, les poussières, tandis qu'elle apprend à distinguer, à spécifier puis à user de ces mots pour elle-même, si bien que ce carnet prendra progressivement valeur d'attelle et de boussole : à mesure que le monde glisse, se double, se reproduit, à mesure que la fabrique de l'illusion s'accomplit, c'est dans le langage que Paula situe ses points d'appui, ses points de contact avec la réalité."

C'est beau non !!!!

 

 

Voir les commentaires

La toile du monde de Antonin VARENNE

Résumé: Aileen Bowman , américaine d'origine indienne, est journaliste socialiste au New York Tribune. Elle part pour Paris afin de couvrir l'Exposition Universelle de 1900, une expo d'une telle ampleur que le monde parisien est en effervescence.

Aileen est un véritable garçon manqué, elle s'habille en tenue de cow-boy, se moquant totalement du qu'en dira-t-on. Ce reportage est pour cette femme trop émancipée pour l'époque, l'occasion de se plonger dans l'histoire complexe de sa famille, une histoire qui la dérange beaucoup.

Mais c'est aussi l'histoire de Paris, une ville en pleine mutation avec la construction du métropolitain, la présence d'artistes de tout horizon. L'histoire de la société dans laquelle les femmes demandent le droit de vote, le droit d'être avocate, etc...

Mon avis: Plusieurs mondes se mêlent dans ce roman: le monde des artistes, la recherche des racines, l'évolution de la société... 

J'ai beaucoup apprécié les articles de Aileen. Pour écrire ses articles, elle se glisse dans la peau de la ville de Paris qui devient une prostituée. J'ai apprécié également la présence d'artistes, peintres, écrivains, etc...

Ce roman est la fin d'une trilogie et heureusement il peut se lire sans avoir lu les précédents;

 

 

Voir les commentaires

Retour à Killybegs de Sorj CHALANDON

 

Le conflit nord-irlandais, appelé aussi « Les Troubles » est une période de violences et d'agitation politique en Irlande du Nord dans la seconde moitié du XXe siècle. Il débute à la fin des années 1960 et est considéré comme terminé entre 1997 et 2007 selon les interprétations. La violence continue cependant après cette date, mais de façon occasionnelle et à petite échelle, tandis que la plupart des groupes belligérants déposent les armes.

 

En 2008, le roman Mon traître (cf article) s'inspire de l'histoire personnelle de l'auteur : son amitié avec Denis Donaldson , vue par le biais d'un narrateur parisien; trois ans plus tard, l'histoire romancée est racontée sous l'angle du « traître », dans Retour à Killybegs.

Le résumé: C'est la vie de Tyrone Meehan, battu par son père, fils d'une fratrie de 9 enfants qui vivent dans la misère après la violence de la seconde guerre mondiale. Ce héros devenu un vieillard détesté par sa communauté revient dans la maison paternelle. Il y attend ses tueurs qui ne peuvent pas comprendre la situation complexe, absurde dans laquelle Tyrone s'est enfoncé.

Il revit son passé dans un dénuement extrême, réchauffé par l'alcool.

Ce livre nous plonge dans le monde de l'IRA 'Armée Révolutionnaire Irlandaise). Dans les années 1960 les actualités accusaient les membres de l'IRA d'une telle violence qu'ils  déclenchaient des réponses sanglantes de la part des britanniques.

Cette guerre civile entre protestants et catholiques  a démarré à la suite de plusieurs éléments:

  • La misère des années noires après guerre
  • Le déchirement de l'Irlande en 2 pays
  • La mise en place d'une frontière
  • La création de l'Ulster
  • L'oppression britannique et de ce fait la résistance des irlandais par les grèves de la faim et les prisons pleines de prisonniers qui voulaient avoir le statut de prisonniers politiques. Mais les britanniques (M Tatcher) ont toujours refusé cette demande.

 Si dans un premier  temps  Tyrone, engagé dans l'IRA très jeune, emprisonné dans des conditions ignobles, populaire et admiré a une attitude très sincère vis à vis de son parti; il finit par trahir ses camarades, dénonçant ou aidant à l'arrestation de ses amis. 


Le 24 décembre 2006, au cours d'une conférence de presse, il s'est libéré d'un secret, il a trahi son camp depuis vingt-cinq ans en donnant des renseignements aux anglais, lui l'homme respecté et admiré de tous, l'un des leaders de l'IRA. A ses côtés, Sheila, sa femme, toujours là pour lui.

Ce livre montre la dureté mais aussi la résistance des hommes et du pouvoir britannique.

Mais aussi la solidarité entre les frères de l'IRA, la guerre, les arrangements, la violence.

 

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 40 > >>