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temoignage

Un chemin de tables de Maylis de KERANGAL

Mauro est passionné de cuisine depuis son plus jeune âge. Alors qu'il a terminé ses études supérieures d'économie, il se lance vers un CAP de cuisine en candidat libre, CAP qu'il réussit.

Il va démarrer en bas de l'échelle pour devenir gérant d'un restaurant. On découvre dans ce récit les difficultés rencontrées par les cuisiniers et les restaurateurs ...

Le lecteur découvre le monde de la restauration, un monde dur, exigeant et intransigeant.

L'auteure a écrit ce livre dans le cadre d'une demande des éditions seuil pour la collection "Raconter la vie" afin d'exposer les vies ordinaires et ainsi "remédier à la mal représentation qui ronge le pays".

Cette commande explique que ce livre qui se situe entre document et fiction est assez différent de ce qui écrit Maylis de Kerangal.

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Je suis le carnet de Dora Maar de Brigitte BENKEMOUN ***

Lorsque l'auteure fait l'acquisition d'un étui d'agenda sur internet pour remplacer celui perdu par son mari, elle découvre un petit répertoire daté de 1951. 

Quelle surprise lorsqu'elle lit les noms de Aragon, Breton, Cocteau, Chagall, Eluard et ... Picasso. L'auteure est journaliste, elle ne peut résister à l'envie de faire des recherches et elle réussit à mettre en relation les personnes listées avec Dora Maar la propriétaire de ce carnet d'adresses. Dora Maar était photographe, artiste, peintre, elle baignait dans ce milieu de surréalistes.

Ainsi Brigitte  Benkemoun reconstitue des fragments de vie, nous faisant parcourir ainsi le XXème siècle artistique, un monde de peintres, de poètes essentiellement surréalistes. 

Dora Maar eut une vie riche de rencontres mais aussi une vie tourmentée par des amours, des rejets, de la souffrance, des excès mais aussi de la solitude.

Elle fut la Muse, l'amante, la compagne de Picasso pendant dix années de 1937 à 1946.

L'auteure a passé 2 années en rencontres, conversations, fausses pistes qu'elle nous rapporte dans un langage agréable pour reconstruire le portrait de cette artiste et du milieu artistique de l'époque.

 

 

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Les gratitudes de Delphine de VIGAN

"Vous êtes-vous demandé combien de fois par jour vous disiez merci ? Merci pour le sel, pour la porte, pour le renseignement.
Merci pour la monnaie, pour la baguette, pour le paquet de cigarettes.
Des mercis de politesse, de convenance sociale, automatiques, mécaniques. Presque vides. Parfois omis.
Parfois exagérément soulignés : Merci à toi. Merci pour tout. Merci infiniment.
Grand merci.
Des merci de profession : Merci pour votre réponse, votre attention, votre collaboration."

Mais ces mercis ont-ils vraiment un sens???

C'est le sujet qu'aborde Delphine de Vigan au travers de ce témoignage rempli de tendresse. Michka n'est plus autonome et  est atteinte d'aphasie, ne pouvant plus rester chez elle, elle entre en EPHAD avec sa petit bouteille de whisky cachée sous ses vêtements!

Une fois de plus, après " Les Loyautés", Delphine de Vigan aborde un sujet difficile, délicat et émouvant. La vieillesse, la fin de vie, la maison de retraite... mais elle en parle avec beaucoup de retenue, de douceur, de sincérité et aussi avec des pointes d'humour qui allègent le sujet. Elle explore une fois de plus les sentiments les plus intimes de l'être humain.

 

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Mille petits riens de Jodi PICOULT

 

Ruth est une sage-femme expérimentée âgée de 44 ans. Elle travaille dans le même service néo natal depuis plus de 20 ans.

Alors qu'elle s'occupe des jeunes mamans et des nourrissons, elle est accusée du meurtre d'un nourrisson. Ruth est la seule afro-américaine du service et la seule incriminée dans ce décès. Cet évènement va chambouler le cours de sa vie. Ruth va affronter cette accusation avec force et dignité.

Kennedy est l'avocate est de la partie civile. Elle va plaider favorablement car elle est convaincue de l'innocence de Ruth mais avec des yeux de" blanche". Grâce à ce procès, ses idées vont changer.

Turk, le père du bébé, suprémaciste blanc rempli de haine.

Cette histoire à 3 voix révèle les 1000 riens qui sont autant d'agressions racistes au quotidien pour les Afros-Américains.

L'auteur nous immerge dans la culture américaine contemporaine et ses vielles idées racistes qui sont encore et toujours véhiculées. Elle nous fait prendre conscience de la différence qu'il y a entre racisme et idées sur la couleur.

La lecture de ce roman est très agréable et se lit rapidement malgré ses 600 pages. Le sujet est prenant, les rebondissements sont bien venus et les réflexions nous interpellent.

Les personnages sont attachants, je mettrai un bémol sur l'odieux personnage de Turk mais qui, au dénouement du procès, comprend certaines choses...

Pour moi, ce roman est un coup de cœur !

L'auteure: Jodi Lynn Picoult est une romancière américaine née en 66.

Elle a étudié la création littéraire à l'Université de Princeton.
Elle a pratiqué divers métiers: rédacteur technique pour une société de courtage, rédactrice pour une agence de pub, éditrice de manuels scolaires et professeur d'anglais en primaire avant de poursuivre ses études en master en sciences de l'éducation à Harvard.
Ses romans, qui abordent des sujets de société brûlants, sont des best-sellers tant en Europe que dans son pays.

 

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Les élus de Steve SEM-SANDBERG

 

Ce roman, publié chez Robert Laffont en 2016, traite de l'Euthanasie des enfants sous le 3ème Reich et de l'Aktion T4 sous les ordres de Philipp Bouhler et orchestrée par docteur Heinrich Gross à la clinique Am Spiegelgrund de Vienne en Autriche.

Ce roman est davantage un long témoignage qu'un véritable roman.


Le cadre de l'histoire est le Spiegelgrund, hospice viennois, à la fois "hôpital" et centre de redressement, ou maison de correction. C'est dans cet hôpital que des enfants, présentant des handicaps physiques ou intellectuels seront placés par leurs parents dans l'espoir d'un traitement, d'une guérison mais surtout écartés et éliminés par le régime Nazi, afin de préserver la pureté de la race. Ces mêmes parents n'auront plus le droit de voir leur enfant, malgré leurs demandes répétées et des enfants qui les attendent.


L'auteur nous permet de suivre quelques uns de ces gamins, dont Adrian, né d'un père gitan alcoolique et d'une mère qui ne s'occupe pas de ses enfants. Un gamin qui passera d'un bâtiment à l'autre au fil de ses écarts de discipline, de ses évasions...Un gamin qui nous raconte son histoire.


D'autres et ils sont plus de 700 ne pourront jamais raconter leur histoire. Euthanasiés à la demande de Berlin, ils seront autopsiés, leurs organes seront mis dans des bocaux, afin de "faire progresser la science", le "traitement" prescrit par Berlin, n'est qu'une simple mesure hygiénique, un processus de désinfection naturelle." Tous subiront des violences s'ils mouillent le lit."


On se lie d'affection avec ces gamins, attachés, enfermés, sujets d'expériences médicales, punis par des injections de souffre...et j'en passe.
Rien de cela n'aurait pu se faire sans ces médecins, sans ces infirmières, qui obéissaient à des ordres, en toute bonne conscience pour le bien de la race ... Ainsi à l'issue de la guerre, ils ont pu dire :"On obéissait à des ordres", ou "Je ne savais pas". Certains ont pu même exercer, donner des conférences jusqu'à la fin de leur vie.


Ecrit comme un reportage, "Les élus" est un roman mettant en scène des personnages imaginaires, des enfants handicapés et du personnel médical avec en fin de récit le jugement de quelques médecins ou infirmières emprisonnés ou exécutés mais parfois non inquiétés à la l'issue de la Guerre.

Le livre nous permet de suivre ces personnages depuis 1941, jusqu'à l'arrivée des russes ou des américains.... et même après. Des gamins devenus des hommes dont la réinsertion sera difficile car les emprisonnements passés seront toujours pris en compte dans leur vie d'adulte.


Un livre révoltant à cause des traitements donnés à ces enfants sur ordre de Hitler;  parce qu'aucun médecin ou infirmière n'a refusé ces gestes de violence et de mort et se sont déclarés non coupables, ayant simplement appliqués les ordres; révoltant parce que certains ont pu passer au travers des mailles de la justice et devenir des personnalités reconnues qui ont utilisées les résultats des expérimentations...

Autant vous dire que je ne suis pas sortie indemne dans cette horreur humaine qu'il ne faut pas oublier...


"Les élus" a obtenu le Prix Médicis Etranger 2016. Un prix mérité.

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