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Le saut de Anna ENQUIST

Six nouvelles écrites sous forme de monologues destinés à être jouées au théâtre.

Les personnages se trouvent tous à un moment difficile voire dramatique de leur vie: la femme de Gustav Mahler et son enfermement dans le mariage, la guerre et le bombardement d'un zoo de Rotterdam, un tailleur fuyant vers les Etats Unis, une jeune fille qui obtient enfin l'emploi qu'elle voulait....

Chaque personnage est prêt à changer de vie à faire LE SAUT.

Une écriture magnifique, un style fluide mais aussi cru. Un livre très court qui se lit d'une traite!

 

Anna Enquist est le pseudonyme de l'écrivaine et psychanaliste néerlandaise Christa Widlund-Boer née en 1945 à Amsterdam

A partir de 1976 elle mène une carrière de pianiste et de psychanalyste. En 1987, elle abandonne le piano et se consacre à l'écriture.

Je vous conseille également de lire "Le secret" et j'attends vos conseils pour lire d'uatres romans de cette auteure.

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Désorientale de Negar DJAVADI

Ce premier roman est l'histoire des trois dernières générations des Sadr, une famille de bourgeois intellectuels persans, dont certains se sont opposés au Shâh et à Khomeiny.

Cette histoire est racontée à la 1ère personne par Kimiâ Sadr, une jeune iranienne exilée en France qui tente de surmonter le déracinement et s'occidentalise à sa manière, avec beaucoup d'humour,  de liberté et d'intelligence.

Entre l'auteure et le personnage principal quelques points communs: nées en Iran de parents intellectuels opposants aux régimes politiques, toutes deux fuient l'Iran et arrivent en France après la traversée du Kurdistan à cheval. Mais ce roman n'est pas une autobiographie car ce n'est pas un témoignage.

Ce récit non chronologique est raconté par Kimiâ née à Téhéran puis exilée en France, elle suit un protocole d'insémination artificielle. Dans la salle d'attente, elle se remémore et se laisse aller d'anecdotes en anecdotes, relatant ainsi la vie de sa famille à travers l'histoire de l'Iran mêlant présent et passé.

En faisant le choix d'écrire une saga, l'auteure évoque l'Iran des années 1970 et la France d'aujourd'hui et  démontre que le destin des hommes peut être modifiée par l'HISTOIRE

Plusieurs thèmes sont abordés: l'héritage familial, les cultures, la maternité, l'exil, le déracinement, la mémoire.

Un livre très intéressant que je vous conseille fortement.

Finaliste du Prix Roman FNAC 2016
 

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Lolita de NABOKOV

De sa prison, Humbert homme d'une quarantaine d'années se confesse en racontant sa folie amoureuse pour une fillette de 12 ans. 
Humbert, professeur de littérature loge chez Charlotte Haze, veuve, afin d'étudier et d'écrire en toute tranquillité. Mais tout change lorsque sa logeuse lui présente sa fille. Humbert qui est attiré par les nymphettes de 9 à 12 ans, est subjuguée par la juvénile mais aguichante Dolorès dite Lolita...

Ce livre est dérangeant, voire déstabilisant. Il faut réussir à dépasser la première réaction de dégoût que nous inspire l'histoire de ce pédophile. Nabokov nous montre la pédophilie, pénètre dans la tête du bourreau qui est conscient du mal qui le ronge. Il n'accable pas Humbert, il ne l'excuse pas non plus. Au lecteur de mener sa propre réflexion.

En 1953 Nabokov a eu toutes les peines du monde à faire publier son ouvrage. Je pense qu'il est toujours aussi choquant aujourd'hui sauf qu'il est considéré comme une oeuvre majeure de la littérature.

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L'affaire Lolita de Penelope FITZGERALD

Florence Green, habitante de Hardborough, petit village du Suffolk, décide de racheter une vieille maison abandonnée pour y ouvrir sa librairie. Cela ne plaît pas à tout le monde, et en particulier aux notables du coin. Rares soutiens des uns, médisances des autres, Florence s’accroche pour que son commerce fonctionne. L’affaire « Lolita », le roman de Nabokov, n’est qu’un prétexte, car il n’occupe qu’une part risible dans ce livre : la snob Violet Gamard se plaint de l’embouteillage que crée dans la rue ce livre exposé dans la vitrine de The old House, ce qui ralentirait ses courses ! Là n’est pas vraiment le problème, quand on veut arriver à ses fins, tous les moyens sont bons, et Florence sera contrainte de mettre la clé sous la porte, une nouvelle loi réquisitionnant des bâtiments historiques ayant été inoccupés pendant 5 ans, même s’ils sont à présent habités. 
Perfidies, ragots, jugements, Penelope Fitzgerald décrit très bien cette lutte de classes et cette ambiance malsaine et observatrice des petites bourgades. 
A noter : Penelope Fitzgerald est décédée en 2000 et ce roman date de 1978. Il n’a été traduit au Quai Voltaire qu’en 2006. L’histoire se déroule en 1959 dans le sud-est de l’Angleterre. Il est intéressant de découvrir que les librairies les plus reculées pouvaient aussi avoir un espace bibliothèque de prêt, constitué de livres apportés par une firme londonienne. « Les livres disponibles en prêt étaient divisés en trois catégories : A, B, et C. A représentait ceux qui étaient très demandés ; B, ceux qui l’étaient médiocrement ; et C, ceux dont les titres, déjà anciens, faisaient l’objet d’une demande quasi nulle. Pour chaque A emprunté, elle devait prendre trois B et un grand nombre de C. Si elle payait plus cher, elle aurait davantage de A, mais elle aurait à gérer une croissance exponentielle de B (médiocres) et de C (l’horreur). » (P.66)
Bref, un petit roman sympathique sur les mentalités villageoises, et 50 ans plus tard, c’est encore souvent semblable !

Il m'a donné envie de lire le roman sulfureux de Nabokov que le bibliothécaire d'Annecy m'a ressorti du magasin pour l'occasion. Voir article suivant...

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Le cimetière des poupées de Mazarine PINGEOT

Notre prochain club de lecteur a pour thème: "Les romans tirés de faits divers". Ceci explique cette lecture...

Mazarine Pingeot s'est inspirée d'un fait divers tragique pour écrire ce roman.

Que s'est-il déroulé dans la tête de cette femme coupable d'infanticide ?

L'auteure du roman s'est mise dans la peau de cette mère et c'est derrière les barreaux que cette femme écrit une très longue lettre à son mari, ne sachant pas s'il la lira.

 Le texte est écrit à la 1ère personne. Par ses explications, la mère nous dévoile petit à petit son vécu. Son enfance, sa vie de couple dans lequel elle n'est que l'ombre de son mari exigeant voire tyrannique. son amour pour son mari,  ses enfants au point de refuser de s'en séparer. Elle les accompagne partout et refuse de le laisser à ses parents.

Ce sujet sur l'infanticide est traité avec discrétion. Un acte que l'on ne peut pas pardonner et pourtant dans cette lettre (qui est un roman) cette mère appelle au secours , elle hurle son amour pour son mari, ses enfants. Son mari ne supporte pas les pleurs des bébés alors elle fait tout pour qu'ils ne fassent pas de bruit. On la sent sur le qui-vive dès qu'elle entend son mari rentrer.

Cette mère qui ne demande qu'à être reconnue, tente d'expliquer l'inexplicable, de se faire pardonner de l'impardonnable..

Ce roman ne laisse pas indifférent et se lit avec beaucoup d'émotions.

Ce que j'ai aimé c'est la discrétion sur le fait divers, on comprend dans la dernière page ce qu'à fait la narratrice. ce n'est pas du voyeurisme.

 

L'affaire Véronique Courjault, également appelée « affaire des bébés congelés » est une affaire criminelle française concernant Véronique Courjault, mère de famille ayant tué trois de ses nouveau-nés. 

Véronique Courjault, née Véronique Fièvre en 1968, est mariée à Jean-Louis Courjault, ingénieur né en 1966. Originaires de l'ouest de la France, ils se sont rencontrés étudiants à Poitiers  en 1987. Ils se marient et sont parents de deux garçons.

Ils résident quelques années en Charente Maritime puis en Touraine. Pour des raisons professionnelles, le couple déménage à Séoul en Corée du Sud en 2002 tout en conservant une résidence à Tours. C'est à Séoul que le père découvrira les corps.

Mazarine Mitterrand Pingeot[2] est une femme de lettres française, née le à Avignon. Elle est également professeur agrégée de philosophie]. Elle est aussi, de manière plus anecdotique, chroniqueuse culture. 

Elle est la fille de François Mittérand; ce lien de parenté est resté caché au grand public jusqu'en 1994. La révélation de sa filiation avec l'ancien président de la République a fait l'objet d'une très large couverture médiatique.

Auteur de nombreux romans, les thèmes de la famille, de la maternité et de l'enfance sont traités régulièrement dans son œuvre.

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Marcher droit, tourner en rond de Emmanuel VENET

C'est dans le cadre du prix CBPT 2017 que j'ai lu ce roman.

L'auteur est psychiatre, pour ce roman il a choisi un personnage principal atteint du syndrome d'Asperger qui est une forme d'autisme. Cette maladie ne révèle pas de déficience intellectuelle, ni de retard de langage, bien au contraire le patient a une culture générale très importante et peut développer une connaissance très approfondie dans un domaine qui lui tient à coeur. Par contre le patient a des difficultés d'ordre relationnel. 

Extrait du roman, définition de cette maladie: Le professeur Urs Weiss « qui définit le syndrome d'Asperger comme un variant humain non pathologique voire avantageux, puisqu'il garantit, au prix d'une asociognosie parfois invalidante, une rectitude morale plutôt bienvenue dans notre époque de voyous. »

Pour ce qui est du roman, il traite avec beaucoup d'humour différentes caractéristiques humaines comme: la mauvaise foi, le secret de famille à moitié dévoilé ou déformé et l'hypocrisie des gens, Tous ces traits de caractères sont énoncés lors des funérailles de la grand-mère du narrateur.

Je vous laisse découvrir les premières lignes de ce roman  que je n'ai plus lâché!

« Je ne comprendrai jamais pourquoi, lors des cérémonies de funérailles, on essaie de nous faire croire qu'il y a une vie après la mort et que le défunt n'avait, de son vivant, que des qualités. Si un dieu de miséricorde existait, on se demande bien au nom de quel caprice il nous ferait patienter plusieurs décennies dans cette vallée de larmes avant de nous octroyer la vie éternelle; et si les humains se conduisaient aussi vertueusement qu'on le dit après coup, l'humanité ne connaîtrait ni les guerres ni les injustices qui déchirent les âmes sensibles.....J'assiste pour la quatrième fois de ma vis à des funérailles et je suis une fois de plus révolté par les énormités que j'y entends».

Et je vous laisse découvrir la suite...

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