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fait divers

Un crime sans importance de Irène FRAIN

 

      Ce récit biographique relate le meurtre survenu dans la famille de l'auteure.

     Sa soeur a été attaquée dans sa villa à l'âge de 79 ans et est morte quelques semaines plus tard de ses blessures après un coma. L'enquête est restée sans suite car la police a déclaré qu'il s'agissait d'un cambriolage. Et le fait que la victime soit décédée plusieurs jours après les faits retarde voir annule toute enquête.

      Or Irène Frain veut savoir et le fait qu'elle soit écrivain ne plaît pas à sa famille qui ne l'a prévenue de ce crime que plusieurs jours après l'agression.

     Irène Frain s'est sentie emmurée dans le silence de la famille, de la police mais également de la justice. A ce jour l'auteure s'est portée partie civile pour obliger la justice de rouvrir ce dossier. L'auteur a besoin d'expliquer le sang versé.

     Après une année d'attente, le silence devient insupportable et Irène Frain décide d'utiliser sa plume pour dévoiler ses sentiments et faire sortir sa famille du silence.

     Par le biais de ce livre l'auteure comprend que le rejet de sa mère, sa haine envers sa fille s'est transmis dans la famille. Heureusement, dans un interview l'auteur déclare que l'écriture de ce livre l'a apaisée.

     J'ai découvert Irène Frain avec Le Nabab en 1982, puis Secret de famille, Devi, Les naufragés de l'île Tromelin, La forêt de 29 et enfin Je te suivrai en Sibérie. Ce sont tous de magnifiques romans ou récits romanesques.

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La déposition de Pascale ROBERT-DIARD

 

        J'ai découvert depuis peu la maison d'édition "L'Iconoclaste" qui édite des auteurs contemporains français. Parmi les livres publiés nombreux sont ceux qui sont intimistes et engagés, ce sont souvent des "livres d’archives conçus comme des témoignages vivants."

        Celui-ci, "La déposition" traite du procès de Maurice Agnelet déclaré coupable de l'assassinat de sa maîtresse, Agnès Leroux. Nous sommes 30 ans après la disparition de Agnès Le Roux, lorsque Maurice Agnelet est jugé pour la 4ème fois. Une affaire qui continue à être jugée grâce à l'acharnement de la mère de la disparue.

       Dans ce récit passionnant (si on peut dire ainsi), Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au Monde relate le procès au travers des yeux de Guillaume, le fils de Maurice Agnelet. Elle tente de donner les raisons pour lesquelles Guillaume après avoir défendu son père durant 30 ans, décide lors de ce 4ème procès de témoigner contre son père. Elle nous fait comprendre comment Guillaume a pu vivre et se construire dans un milieu de soupçons, de mensonges et de non-dits au côté d'un père au charismatique et dont l'emprise exercées sur sa famille, ses maîtresses (3 en même temps), ses amis, bref tout son entourage est terrible. 

       C'est sans aucun avis ni ségrégation que l'auteure nous fait vivre le procès avec l'ambiance de la cour, la tension du prétoire et un huit-clos familial.

 

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Les victorieuses de Laetitia COLOMBANI

Ce roman  est le récit de 2 femmes à 2 époques différentes.

Il y a Solène, brillante avocate qui fait un burn-out à la suite du suicide d'un de ses clients. Son psychiatre lui conseille de se tourner vers les autres pour se sortir de son mutisme. C'est en tant qu'écrivain public qu'elle va aider les femmes qui vivent dans un centre...
Et puis il y a Blanche Peyron qui a toujours combattu pour les femmes laissées pour compte. Avec son mari, (car dans les années 20 un femme n'avait pas le droit de faire un emprunt), elle est la fondatrice d'un refuge pour les femmes en grande difficulté.

Ce "roman" est un hommage aux femmes démunies et courageuses mais surtout à Blanche Peyron qui a acheté et réhabilité le "Palais de la femme" qui existe toujours à Paris.

Historique du Palais de la Femme (Wikipedia) Entre 1641 et 1904, le terrain sur lequel l'immeuble est bâti était occupé par un couvent, le couvent dominicain  des Filles-de-la-Croix. Ce dernier a la réputation d'être le lieu de sépulture de Cyrano de Bergerac. Expulsées en 1792 pendant la Révolution Française, les religieuses reviennent en 1825 et le couvent est finalement fermé en 1904 puis démoli.

Carte postale montrant le bâtiment dans les années 20

En 1910, deux architectes édifient pour la fondation Groupe des Maisons Ouvrières. C'est un hôtel populaire pour hommes célibataires, le premier du genre en France. Le foyer se vide en 1914, quand ces hommes célibataires sont mobilisés pour la Première Guerre Mondiale. Le bâtiment se transforme alors en hôpital de guerre. Puis de 1919 à 1924, le ministère des pensions y installe ses bureaux.

L'Armée du salut, via l'engagement des époux Blanche et Albin Peyron, décide alors d'acquérir le bâtiment et lance en janvier 1926 une grande campagne de souscription pour réunir la somme de onze millions de francs papier de l'époque nécessaire à l'achat. Les donateurs pourront avoir leur nom inscrit sur une plaque apposée sur la porte d'une des 630 chambres. Le Palais de la Femme est officiellement inauguré le .

Entre 2006 et 2009, le bâtiment subit une importante restauration.

Le site fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 25 juin 2003. . Les éléments protégés comprennent le vestibule, l'escalier, le restaurant, le salon de thé, la bibliothèque, les décors intérieurs et l'élévation.

Le palais de la femme aujourd'hui

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La part des flammes de Gaëlle NOHANT

Le 4 mai 1897, tout le monde se presse rue Jean Goujon à Paris pour assister à la plus mondaine des ventes de charité. Cette vente se déroule dans un immense hangar: le Bazar de la Charité. De nombreuses dames de la noblesse participent à la préparation puis à la vente dans les stands. Les bénéfices vont aux plus pauvres.

1897, ce sont les prémisses de la cinématographie. Le matériel est prêt pour visionner des films de Paris ou de l'entrée en gare de locomotive. Pour alimenter la lampe du projecteur, c'est de l'ether qui est utilisé. La combustion des vapeurs d'éther permet l alimentation de la lampe du projecteur. Un manque de sécurité ou trop d'inconscience provoque des vapeurs qui vont immédiatement s'embraser, le toit est enduit de goudron, il n'y a que deux issues, les dames sont vêtues de larges robes, leurs cheveux sont  rincés au pétrole pour les rendre brillants.... bref tout est propice à une catastrophe.

Ce seront plus de 120 personnes, essentiellement des femmes qui périront dans cette fournaise.

Ce roman feuilleton très agréable, d'une écriture plaisante  s'appuie sur un événement réel du mois de mai 1897. Quelques personnages historiques (le préfet Lépine, le Duc et la Duchesse d'Alençon) agrémentent cette exo fiction sans être un roman parfaitement historique. Par contre quelques coupures de presse citées dans le roman sont extraites de journaux de l'époque.

Ce roman a remporte de prix des lecteurs en 2016.

Un roman qui m'a fait découvrir cette catastrophe mais aussi la vie bourgeoise de l'époque. Une lecture très prenante.

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Marthe ou les beaux mensonges de Nicolas d'ESTIENNE D'ORVES

Marthe Richard, Marthe Betenfeld de son nom de naissance, une héroïne aux multiples activités et surtout connue pour la loi qui porte son nom: la fermeture des maisons closes en 1945. Cette loi lui valut le surnom de "la veuve qui clôt".

C'est son premier amour rencontré alors qu'elle s'est échappée de la cellule familiale qui la plonge dans la prostitution. A 16 ans elle estime que c'est "un esclavage consenti" par amour mais aussi qu'elle n'avait pas le choix.

Après avoir "travaillé" à Paris puis en Italie, elle revient sur la capitale où elle rencontre et épouse Henri, un homme riche et amoureux qui satisfera tous ses désirs.

Marthe va se passionner pour l'aviation et sera l'une des 1ères à voler, mais un accident la plongera dans le coma dont elle sortira encore plus volontaire...

L'auteur dresse un portrait de Marthe Richard sympathique, mouvementé, plein de sensibilité, le tout est traité de façon romanesque sans oublier les dessous de la vérité.

Ce récit s'arrête en 1955 à sa sortie de prison où elle passe 15 jours pour accusation de vol de bijou dont elle n'arrivait pas à prouver qu'elle les avait achetés...

Une note de l'auteur précise que durant ses 27 dernières années Marthe perd de sa fantaisie de son extravagance pour devenir une vieille dame indigne.

Un roman-récit très plaisant et intéressant à lire qui nous plonge dans les années fin XIX jusque mi XXème.

Les dernières lignes: "Malgré la douceur de l'air, je passai un été maussade. Le séjour à la Roquette avait insinué dans mon esprit un virus sournois. Je n'avais ni faim, ni soif, ni envie de rien. Une lassitude générale, qui semblait sans issue.

- Vous faîtes une petite dépression nerveuse, madame Crompton, me dit mon médecin

-Une dépression? Moi?

-Eh bien oui, me répondit le docteur, étonné par ma surprise. Ménagez-vous. Voilà soixante-cinq que vous ne cessez de courir, de combattre. Votre corps ne suis plus et votre esprit risque d'y perdre le nord. Prenez du recul. Des vacances...

Les vacances? Voilà une notion qui m'avait toujours été étrangère. ne plus voler, c'est s'écraser. "

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Laëtitia ou la fin des hommes de Ivan JABLONKA ♥ ♥ ♥

Ivan Jablonka est historien et écrivain, professeur à l'université Paris 13. 

Dans ce récit d'un fait divers marquant , l'auteur veut avant tout "réhabiliter" Laëtitia, tuée dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011 près de Pornic,  la laver de ses souillures. Pour y parvenir, il va rencontrer les gens qui l'ont aimée, tous ceux qui ont reconstitué ses derniers jours, des journalistes, les personnes des services sociaux qui se sont occupés d'elle depuis sa plus tendre enfance ainsi que l'avocate de sa soeur jumelle, Cécile de Oliveira,. 

Il veut montrer qu'un fait divers peut être analysé comme un fait historique et révéler un état de la société: des familles détruites, des souffrances d'enfant restées tues.. et en ce début de XXIème siècle ce fait divers dévoile la pauvreté morale et financière, la vie difficile des zones péri-urbaines, les inégalités sociales, la vulnérabilité des enfants etc ... Il dénonce notre monde, un monde d'hommes où les femmes se font injurier, harceler, frapper, violer voire tuer. 

L'auteur dévoile les rouages de l'enquête, le rôle des médias, le fonctionnement de notre appareil judiciaire. Il dénonce l'aspect médiatique (trop grande importance donnée au meurtrier) et politique (réaction du Président Sarkozy) qu'a déclenché ce meurtre.

Je ne m'étendrai pas sur ce drame trop dur à relater, mais je vous conseille ce livre presque documentaire pour toutes les idées qu'il véhicule.

Ce livre a reçu Le Prix Medicis 2016.

 

 

 

 

 

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Le cimetière des poupées de Mazarine PINGEOT

Notre prochain club de lecteur a pour thème: "Les romans tirés de faits divers". Ceci explique cette lecture...

Mazarine Pingeot s'est inspirée d'un fait divers tragique pour écrire ce roman.

Que s'est-il déroulé dans la tête de cette femme coupable d'infanticide ?

L'auteure du roman s'est mise dans la peau de cette mère et c'est derrière les barreaux que cette femme écrit une très longue lettre à son mari, ne sachant pas s'il la lira.

 Le texte est écrit à la 1ère personne. Par ses explications, la mère nous dévoile petit à petit son vécu. Son enfance, sa vie de couple dans lequel elle n'est que l'ombre de son mari exigeant voire tyrannique. son amour pour son mari,  ses enfants au point de refuser de s'en séparer. Elle les accompagne partout et refuse de le laisser à ses parents.

Ce sujet sur l'infanticide est traité avec discrétion. Un acte que l'on ne peut pas pardonner et pourtant dans cette lettre (qui est un roman) cette mère appelle au secours , elle hurle son amour pour son mari, ses enfants. Son mari ne supporte pas les pleurs des bébés alors elle fait tout pour qu'ils ne fassent pas de bruit. On la sent sur le qui-vive dès qu'elle entend son mari rentrer.

Cette mère qui ne demande qu'à être reconnue, tente d'expliquer l'inexplicable, de se faire pardonner de l'impardonnable..

Ce roman ne laisse pas indifférent et se lit avec beaucoup d'émotions.

Ce que j'ai aimé c'est la discrétion sur le fait divers, on comprend dans la dernière page ce qu'à fait la narratrice. ce n'est pas du voyeurisme.

 

L'affaire Véronique Courjault, également appelée « affaire des bébés congelés » est une affaire criminelle française concernant Véronique Courjault, mère de famille ayant tué trois de ses nouveau-nés. 

Véronique Courjault, née Véronique Fièvre en 1968, est mariée à Jean-Louis Courjault, ingénieur né en 1966. Originaires de l'ouest de la France, ils se sont rencontrés étudiants à Poitiers  en 1987. Ils se marient et sont parents de deux garçons.

Ils résident quelques années en Charente Maritime puis en Touraine. Pour des raisons professionnelles, le couple déménage à Séoul en Corée du Sud en 2002 tout en conservant une résidence à Tours. C'est à Séoul que le père découvrira les corps.

Mazarine Mitterrand Pingeot[2] est une femme de lettres française, née le à Avignon. Elle est également professeur agrégée de philosophie]. Elle est aussi, de manière plus anecdotique, chroniqueuse culture. 

Elle est la fille de François Mittérand; ce lien de parenté est resté caché au grand public jusqu'en 1994. La révélation de sa filiation avec l'ancien président de la République a fait l'objet d'une très large couverture médiatique.

Auteur de nombreux romans, les thèmes de la famille, de la maternité et de l'enfance sont traités régulièrement dans son œuvre.

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California Girls de Simon LIBERATI


        Simon Liberati reprend, presque heure par heure, les actes des principaux membres de la "Famille Manson" entre les 8, 9 et 10 août 1969. Trois jours, sept morts affreuses. Le gourou maléfique ordonne à 4 de ses adeptes ( 3 adolescentes et un jeune homme) le meurtre de Robert Melcher, producteur des Beach Boys, qui serait responsable de son échec musical... mais Melcher est absent, et presque par hasard les 4 tueurs  assassinent de parfaits inconnus qui se trouveront être Sharon Tate, la compagne de Polanski enceinte de huit mois, un ami d'enfance de Polanski, sa compagne et le coiffeur de Sharon Tate.

        Meurtres atroces, qui nous sont décrits quasiment en temps réel, meurtres d'amateurs cruels. Ces meurtres seront suivis le lendemain de celui du couple La bianca, là aussi au hasard. Jamais Charles Manson ne participe. Il ne fait qu'ordonner.
        Les meurtrières sont des jeunes filles perdues, qui trouvent en Manson, gourou performant, une réponse à leur besoin d'attention, de reconnaissance et d'amour. Il est l'amour parfait, puisqu'il leur dit être le Christ...Ces âmes faibles succombent. Ces filles sont toutes en vie sauf une Sadie-Susan Atkins.

        Ce roman incarne le mal. Un Mal qui nait au coeur de hippies manipulés par un gourou raciste et paranoïaque, au milieu des palmiers, des surfeurs bronzés et des plages enchanteresses...Un mystère de plus dans l'être humain... Comment peut-il en arriver là?

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La mésange et l'ogresse de Harold COBERT

    

Harold Cobert raconte les faits, la capture et les interrogatoires d'un des plus célèbres couples du crime contemporain et explore jusque dans l'intimité des personnages.
    Il nous place dans la tête de deux des principaux protagonistes. Monique Fourniret, monstre de froideur et de maîtrise, et le commissaire belge qui n'aura de cesse de faire éclater la vérité. Un jeu du chat et de la souris, qui durera pendant de longs mois, entre le policier et «La mésange» comme la surnomme son binôme et mari Michel.
    L'auteur se sert des minutes du procès et des récits de différents témoins de cette affaire d'enlèvements et d'assassinats d'adolescentes, qui défraya la chronique en son temps pour nous narrer, dans toute sa monstruosité, le périple et les méfaits de ce couple au sang-froid à toute épreuve, qui passa à travers les mailles du filet pendant des années entre France et Belgique. (cf 4ème de couverture)

     Ce livre se situe entre roman et document et se lit comme un policier. Ce qui m'a glacé c'est que les personnages ont bel et bien existé ainsi que leurs nombreuses victimes qui n'ont pas tout été découvertes....
 

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L'opticien de Lampedusa de Emma-Jane KIRBY ♥ ♥ ♥

" Là, là-bas, des centaines. Les bras tendus, ils crachent, hoquettent, s'ébrouent comme une meute suppliante. Ils se noient sous mes yeux et je n'ai qu'une question en tête : comment les sauver tous ? " extrait 4ème de couverture.

"Si le vent s'était levé. S'il n'avait pas été qu'une simple brise. S'il avait provoqué la mer jusqu'à déchainer sa colère, soulevant des vagues furieuses. Si seulement..." extrait

Le héros de cette histoire vraie vit à Lampedusa, la minuscule île italienne qui depuis les printemps arabes voit échouer chaque année sur ses plages des milliers de migrants - vivants ou morts. Quinquagénaire, c'est un homme bien, attentif à sa femme, soucieux de ses enfants. Il tient un commerce d'optique. Harcelé par les charges qui ne cessent d'augmenter, il s'inquiète chaque année de devoir mettre la clé sous la porte. À part ça, ce Napolitain est heureux à Lampedusa où il a choisi de s'installer.

"Emma-Jane Kirby, journaliste à la BBC, a écrit ce roman d'après l'interview qu'elle a réalisée de cet homme qui, en 2013, se trouvait en mer quand cinq cents Érythréens ont fait naufrage. Elle a choisi de ne pas donner de prénom à son personnage. Elle l'appelle «l'opticien»." extrait du Figaro.

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