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histoire vraie

La carte postale de Anne BEREST

   

          En janvier 2003, Leila, la mère de l'auteure reçoit une carte postale de l'Opéra de Paris. Seuls quatre prénoms y sont inscrits: Ephraïm, Emma, Noémie et Jacques. L'expéditeur est inconnu et Anne Berest va s'évertuer à retrouver cette personne anonyme et à décrypter le contenu énigmatique de cette carte. Se faisant elle va reconstituer la biographie de sa famille  .

         L'auteur va découvrir que ces quatre personnages sont décédés en déportation et de fil en aiguille, grâce aux conseils d'un enquêteur et à l'aide de sa mère, l'histoire dramatique de ce XXème siècle va être relatée.

        Un judicieux parallèle est fait entre le passé de cette famille juive et le présent car la fille de l'auteur âgée de quelques années rapporte à sa maman un propos antisémite qu'on lui a dit à l'école et qu'elle ne comprend pas. Cela va renforcer chez Anne Berest le désir de connaître son passé. Cela pose également la question de l'identité juive et des réactions qui peuvent encore exister à ce sujet de nos jours.

        L'histoire est captivante et le témoignage émouvant car les faits historiques touchent des personnes ayant existées et largement décrites par l'auteur. Des personnages auxquels on s'attache. Mais cela est fait sans pathos inutile, les faits racontés au présent suffisent à émouvoir le lecteur.

         L'auteur a eu quelques difficultés à reconstituer son histoire car la judéité a été passée sous silence après la guerre dans cette famille mais certainement dans beaucoup d'autres.

        L'auteur insiste sur le fait qu'il faut dire les choses pour ne pas les oublier mais aussi pour s'en libérer.

        Ce titre fait parti de la sélection au prix Goncourt.

 

 

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Les danseurs de l'Aube de Marie CHARREL

         Marie Charrel nous conte l'histoire de Sylvin et Maria Rubinstein danseurs de flamenco . Ils ont parcouru le monde de Varsovie à Berlin en passant par New York, pendant qu'ils dansaient le monde s'apprêtait à s'entre tuer... Ils espéraient continuer la danse malgré la fureur nazie mais la barbarie humaine en décidera autrement. Après l'assassinat de sa soeur jumelle par les nazis, ce danseur androgyne de flamenco portera les costumes de sa soeur pour la faire revivre et évoluera sur les grandes scènes du monde avant de devenir un tueur de nazis.

        Parallèlement à l'histoire de ces deux danseurs, l'auteur raconte l'histoire de Lukas et Iva, à Hambourg en 2017. Tous deux fuient leur passé en parcourant l'Europe de l'Est. Leur flamenco est très apprécié mais les deux danseurs vont se confronter à la violence des hommes et leur intolérance. 

        Avec presque un siècle d'écart, Marie Charrel retrace les destins d'artistes épris de liberté, prêts à se battre pour défendre leurs identités.

       Une écriture superbe, des gitans attachants, des pas de danse envoutants, une liberté des gestes dans une époque incertaine.

 

 

 

 

 

                   Sylvin et Dolores

     

        Extrait de wikipédia: Sylvin Rubinstein (1914 à Moscou – 30 avril 2011 à Hambourg) était un danseur et travesti juif-russe, membre de la résistance au nazisme pendant la seconde guerre mondiale.

 Il quitte la Russie pour la Pologne avec sa mère et sa sœur jumelle Maria, lorsque son père aristocrate est exécuté par les bolcheviks.  Sylvin et Maria gagnaient de l’argent en dansant sur le marché de la ville.  À l’adolescence, ils dansaient professionnellement, comme un numéro de flamenco présenté comme Imperio y Dolores.  En tant qu’Imperio et Dolores, ils ont été en tête d’affiche dans des music-halls à travers l’Europe, ainsi qu’à New York et en Australie. 

Après la guerre, Rubinstein retourne à la danse. [3] « Devenir Dolores était ma façon de faire face à la mort de ma sœur jumelle... seul un jumeau peut comprendre à quel point c’était horrible. C’était comme être déchiré en deux. Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à elle. » Dans l’Allemagne occupée par les Alliés, Rubinstein a témoigné au nom du major Werner devant un conseil d’administration américain pour gagner sa liberté.

Rubinstein, sous son apparence féminine en tant que Dolores, est devenu un artiste majeur du music-hall dans les années 1950. Mais l’âge avancé et l’évolution des goûts ont fait des ravages.

Sylvin Rubinstein est décédé le 30 avril 2011, alors qu’il vivait dans un appartement dans le quartier portuaire de Hambourg. Un documentaire, Er tanzte das Leben (Danser sa vie), a été réalisé sur l’histoire de sa vie.

 

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La bibliothécaire d'Auschwitz de Antonio G. ITURBE

    Ce roman sorti en 2012, traduit en plusieurs langues, arrive enfin chez Flammarion.

    L'auteur s'est largement inspiré de la vie de Dita Polachova qu'il a rencontrée puis suivie lors des signatures du roman.

     Dita est née en 1929 à Prague, elle y subit l'occupation par l'Allemagne nazie. A 12 ans, elle est envoyée au camp de Terizin avec ses parents puis en 1943 à Auschwitz et en dernier lieu à Bergen-Belsen où elle sera libérée par les troupes britanniques (comme Simone Veil).

      Au camp de Auschwitz, au sein du bloc 31, Fredy Hirsch met en place une école clandestine. Il donne  la charge d'une petite bibliothèque de 8 livres à Dita qu'elle doit cacher sous des planches au sol, c'est elle qui sort les livres et les fait circuler uniquement dans le bloc 31. Elle les répare avec minutie. Quelques livres sont cités de mémoire comme "Le merveilleux voyage de Nils Holgersson" par des prisonniers et restitués aux enfants.

     A la sortie de cet enfer, Diya épouse Ota Kraus, qu'elle avait entrevue à Auschwitz et retrouvé à Prague. Elle vit actuellement à Netnya en Israël.

     Un livre plein de courage, d'humanité, de persévérance et d'amour malgré un contexte totalement inhumain, .

J'avais une certaine réserve pour ce livre traitant des camps de la mort mais ne regrette aucunement cette lecture qui malgré son dur réalisme est rempli d'optimisme et de réflexion pour chacun d'entre nous....

       Extrait de l'étape finale page 463:

     "Certaines ne partageront pas cette fascination pour le fait qu'une poignée de personnes aient joué leur vie afin de garder ouvertes une école secrète et une bibliothèque clandestine à Auschwitz-Birkenau...... C'est vrai: la culture n'est pas nécessaire à la survie de l'homme, seuls le sont le pain et l'eau. Mais si l'homme peut survivre en ayant du pain à manger et de l'eau à boire, quand il n'a que cela, c'est l'humanité entière qui s'éteint. Si l'homme n'est pas ému par la beauté, s'il ne ferme pas les yeux pour mettre en marche les mécanismes de son imagination, s'il n'est pas capable de se poser des questions et d'entrevoir les limites de son ignorance, c'est un homme ou c'est une femme, mais ce n'est pas une personne; rien ne le distingue d'un saumon, d'un zèbre ou d'un bœuf musqué."    A MEDITER.....

 

DITA KRAUS née POLACHOVA - tchèque - née en 1929

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L' île aux enfants de Ariane BOIS

Ile de La réunion- Novembre 1963

Pauline et Clémence sont deux sœurs, elles vivent à La réunion dans une famille miséreuse. La mère est hospitalisée, le père se tue au travail dans les champs de canne à sucre.

Un jour, elles sont emmenées par un service social, les parents ont signé d'une empreinte de leur pouce un document permettant à ce service de placer leurs enfants dans une bonne famille, promettant aux parents qu'ils verront régulièrement leurs filles.

Elles arrivent sur le continent, dans la Creuse, en hiver et sont séparées. Chacune est recueillie dans une famille afin de pallier la désertification des campagnes et une natalité trop forte sur l'île.

C'est l'histoire de ses deux vies déchirées qui nous est contée et que je vous laisserai découvrir.

Un très beau roman bien écrit dont le rythme soutenu fait que l'on ne lâche pas cette histoire surprenante car passée sous silence...

Ce roman historique très bien documenté dénonce "la politique menée à cette époque comme étant une faute car elle a aggravé dans bien des cas la détresse d'enfants qu'elle souhaitait aider" dixit notre président de la République actuel.

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Toutes les histoires d'amour du monde de Baptiste BEAULIEU

Résumé: A la mort de Moïse, son fils découvre trois carnets dans une malle du grenier de la maison familiale. Ces carnets renferment toute la vie de ce grand-père adressée à une dénommée Anne-Lyse.  A la lecture des pages, le fils de Moïse, Denis s'interroge et sombre dans une profonde mélancolie. Il confie les carnets à son fils Jean qui va tenter de sortir son père de la morosité dans laquelle il est tombé en élucidant le mystère que cachent ces lettres.

Qui est Anne-Lyse Schmitt? Qui était-elle pour Moïse?

Qui était ce grand père taiseux et taciturne?

Les lettres dévoilent une vie bouleversante par ses drames, ses secrets, ses sacrifices, ses non-dits mais aussi ses bonheurs et son amour.

Une épopée familiale qui rassemble 3 générations.

Une histoire qui est un mélange d'histoires (je m'y suis parfois un peu perdue) essentiellement de rencontres et d'amours, des personnages attachants, une lecture agréable.

Un thème qui fait réfléchir: A nos dépens on peut s'oublier pour un être qui nous est cher....

Une histoire vraie puisque L'auteur Baptiste Beaulieu est toujours à la recherche de cette Anne-Lyse qui devrait être encore en vie à ce jour.

Je vous conseille de visiter le blog : "Alors voilà" de Baptiste Beaulieu et d'écouter ses chroniques sur France Inter "Grand bien vous fasse".Mais aussi de lire "La balade de l'enfant gris"

"Une humanité qui se retrouve dans ses romans, bouleversants de justesse et de poésie" Le Monde

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Bakhita de Véronique OLMI

Un récit tiré d'une histoire vraie dramatique, étonnante et poignante.

Bakhita est née au Darfour vers 1869. Enfant, elle est enlevée et vendue à des négriers musulmans, elle subit violences et soumissions. Marches forcées, coups, humiliations, tortures sont le monde des esclaves dans lequel Bakhita est entrée.

Après 6 années de malheur, elle sera achetée pour la 5ème fois. mais cette fois-ci par un italien, consul à Khartum qui sera son sauveur.

Bakhita a tout perdu, son nom, sa langue, son village, lui reste sa beauté ...   « Elle ne sait pas comment elle s'appelle. Elle ne sait pas dans quelle langue sont ses rêves. Elle se souvient de mots en arabe, en turc, en italien, et elle parle quelques dialectes. Plusieurs viennent du Soudan, un autre de Vénétie. Les gens disent : « un mélange ». » P 13

...et son incroyable volonté de vivre, son obstination à faire le bien.

Véronique OLMI relate avec talent la vie d’une esclave devenue une religieuse vénérée en Italie, canonisée en 2000.

 

TIRE de WIKIPEDIA: Issue d'une famille composée de quatre sœurs et de trois frères, elle n'a que cinq ans lorsque sa sœur Kishmet est enlevée sous ses yeux par des trafiquants d'esclaves  en 1874. À son tour, alors qu'elle avait près de 9 ans, elle est la victime de négriers  musulmans qui la vendent et la revendent plusieurs fois, sur les marchés d' El Obeid et de Khartoum, en lui infligeant de mauvais traitements. Le traumatisme est si grand qu'elle en oubliera son premier nom. C'est ainsi qu'on lui donne le nom de Bakhita, qui signifie « la chanceuse ».

Elle appartenait à un général turc qui lui avait fait subir de cruelles scarifications (tatouages) quand ce dernier décida de vendre toutes ses esclaves. Bakhita est alors acquise par le consul d' Italie à Khartoum, Calisto Legnani, en 1883.

Joséphine a 14 ans et sa vie change alors radicalement : « Le nouveau maître était assez bon et il se prit d'affection pour moi. Je n'eus plus de réprimandes, de coups, de châtiments, de sorte que, devant tout cela, j'hésitais encore à croire à tant de paix et de tranquillité ».

Béatifiée le 17 mai 1992, elle a été canonisée  par Jean-Paul II le 1er octobre 2000.

Le pape dira à cette occasion : « Cette sainte fille d'Afrique, montre qu'elle est véritablement une enfant de Dieu : l'amour et le pardon de Dieu sont des réalités tangibles qui transforment sa vie de façon extraordinaire ».

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Deux fils de la grande guerre de Gérard Hubert RICHON

Raoul est n" en 1913. Il a 12 ans lorsqu'il apprend que ses parents sont en fait son oncle et sa tante. sa mère est morte de la tuberculose et son père est rentré choqué de la guerre, incapable de s'occuper de ses garçons.

Quelques jours plus tard, Raymond le père adoptif de Raoul lui révèle qu'il a un frère aîné et que celui-ci est dans la classe du certificat d'étude...

Un petit roman historique très intéressant qui permet aux jeunes ados de pénétrer dans le monde affreux de la guerre et de découvrir les difficultés à vivre entre les deux guerres.

Le vocabulaire est riche, les nombreuses expressions sont encore usitées aujourd'hui. 

Un lexique concernant du vocabulaire des années 1930 permet à nos jeunes lecteurs de comprendre le texte.

Un livre à lire dès le CM2 pour les bons lecteurs.

Ce livre fait partie de la collection "Lire c'est Partir" dont les livres sont judicieusement choisis.

Merci Noélie de m'avoir fait découvrir ce livre. Tu as fait un bon choix!

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