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L'invention des corps de Pierre DUCROZET

 
 

Alvaro Beltran est un jeune professeur mexicain de programmation informatique. En 2014, il échappe au massacre de 43 étudiants tués par la police mexicaine. Il s'enfuit en Californie et rencontre un milliardaire de la Silicon-Valley qui lui propose de devenir le cobaye d'une expérience transhumaniste. Il rencontre une biologiste qui travaille dans le domaine des manipulations génétiques (développement des cellules souches)...

Un sujet qui m'a attiré mais qui s'est très vite compliqué... des flash-back, des informations sur l'histoire du Web, des notions d'immortalité... Une construction difficile à suivre, assez confuse... Dommage car ce livre est une réflexion sur notre société hyper connectée. Un sujet peu traité sous forme de roman.

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Je suis le carnet de Dora Maar de Brigitte BENKEMOUN ***

Lorsque l'auteure fait l'acquisition d'un étui d'agenda sur internet pour remplacer celui perdu par son mari, elle découvre un petit répertoire daté de 1951. 

Quelle surprise lorsqu'elle lit les noms de Aragon, Breton, Cocteau, Chagall, Eluard et ... Picasso. L'auteure est journaliste, elle ne peut résister à l'envie de faire des recherches et elle réussit à mettre en relation les personnes listées avec Dora Maar la propriétaire de ce carnet d'adresses. Dora Maar était photographe, artiste, peintre, elle baignait dans ce milieu de surréalistes.

Ainsi Brigitte  Benkemoun reconstitue des fragments de vie, nous faisant parcourir ainsi le XXème siècle artistique, un monde de peintres, de poètes essentiellement surréalistes. 

Dora Maar eut une vie riche de rencontres mais aussi une vie tourmentée par des amours, des rejets, de la souffrance, des excès mais aussi de la solitude.

Elle fut la Muse, l'amante, la compagne de Picasso pendant dix années de 1937 à 1946.

L'auteure a passé 2 années en rencontres, conversations, fausses pistes qu'elle nous rapporte dans un langage agréable pour reconstruire le portrait de cette artiste et du milieu artistique de l'époque.

 

 

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Grossir le ciel de Franck BOUYSSE

 

Gus vit dans une ferme des Cévennes. Depuis le décès de ses parents qui le haïssaient, il vit seul.

Son chien Mars et son voisin Abel sont sa seule "famille".

Alors que Gustave part avec son fusil sur l'épaule pour chasser la perdrix, il entend un coup de feu et pense que Abel a eu la même idée que lui. Mais quand il s'approche vers la ferme de son voisin, il trouve une large tache de sang...

Un huit-clos en pleine campagne cévenole entre neige, brouillard, solitude, silence, rudesse, suspicion, travail...

Un livre noir qui nous présente deux hommes rudes, taiseux fatigués par le travail de la terre, entourés de "fantômes". Un secret de famille très bien amené, un secret bouleversant.

Je vous conseille cette lecture ainsi que "Né d'aucune femme". Une belle écriture fluide et prenante.

 

 

 

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L'art de perdre de Alice ZENITER ****

Ce roman m'attendait depuis 2017... Une découverte passionnante !

Une saga familiale sur 3 générations qui débute an Algérie dans les années 30 pour se terminer en 2015.

En 1ère partie, Ali travaille sa terre de Kabilie, une terre rocailleuse et ingrate jusqu'au jour où il a l'opportunité d'acquérir la meule qui a manqué le tuer. Il se lance dans la culture des oliviers et la production d'huile d'olives et mène une vie prospère. Mais l'Algérie bouge et Ali devient un harki parmi des milliers et s'expatrie en France. Il se comportera en "perdant".

En 2ème partie, Ali va survivre avec sa famille dans le camp de Rivesaltes et Hamid son fils n'obtiendra aucune réponse à ses questions concernant le passé de ses parents. Un profond silence s'installe...

Et puis il y a Naïma la petite fille d'Ali et fille de Hamid, c'est la narratrice de cette histoire. Naïma vit à Paris dans un milieu culturel qui la satisfait. Mais aux lendemains des attentats de 2015, elle éprouve le besoin de connaître son histoire qu'elle ignore totalement... En découvrant les vies des 2 générations précédentes, Naïma retrace toute l'histoire de cette période.

Cette histoire est au départ celle de Alice Zéniter qui s'est rendue 2 fois en Algérie pour savoir. Dans ce roman elle aborde de nombreux thèmes:

Elle raconte la vie des Harkis parqués dans des camps, leur honte et leur culpabilité, la complexité de la relation entre France et Algérie, l'arrivée des familles kabyles en métropole au lendemain de l'indépendance, leur acceptation d'une nouvelle identité que le gouvernement français leur impose et qu'ils acceptent par peur. L'auteur exprime le besoin que nous avons: Savoir , elle pose la question des racines: que veut dire avoir des racines lorsque l'on vit à 1000 kms d'un pays que l'on ne connait pas. Elle pose la question de la transmission... tout ce qui n'est pas transmis est perdu... et du silence, ce passé qui ne franchit pas les frontières des générations. Elle permet également de faire un parallèle avec les migrants actuels.

Le titre: L'ART de PERDRE renvoie à la perte du statut social, à la perte de la langue, à la perte de l'identité.

C'est un livre de combat, de choix de vie, d'Histoire. Un livre que les lycéens ont apprécié et cela fait du bien....

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leurs enfants après eux de Nicolas MATHIEU

Difficile de commenter un roman qui ne m'a pas plu alors que les critiques sont dithyrambiques... Prix Goncourt oblige ???

J'ai arrêté ma lecture à la moitié du roman ayant la sensation de lire toujours la même chose.

C'est une analyse sociale d'un milieu ouvrier de l'est de La France. La lorraine est ravagée par la rouille (des mines fermées mais aussi de l'enfermement des gens qui ne quittent pas leur lieu de naissance) et le chômage.

Sur 4 étés, l'auteur nous décrit la vie, les espoirs, les découvertes du sexe, de l'alcool et de la drogue de jeunes adolescents souvent en échec scolaire. Seule une ado s'efforce de réussir sa scolarité et s'en sort bien qu'elle baigne dans ce milieu intellectuellement pauvre.

Description de la vie dans ces zones pavillonnaires étriquées où tout le monde vit la vie de tout le monde.

Point de vue des éditeurs: "Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage."

 

 

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Je te protégerai de Peter MAY

Nous sommes en Écosse, lieu de prédilection de Peter May installé en France depuis 1996.

Niamh et son mari Ruairidh sont à Paris pour le salon Première vision, salon qui permet de rentrer en relation avec les créateurs de mode et les fabricants de tissu. Le couple vient de créer sa propre entreprise de tissage sur l’Île de Lewis (île des Hebrdides). Ils veulent commercialiser le "Ranish Tweed", un tissu concurrent du "Harris Tweed" et  ont besoin de se faire connaître.

Alors que Niamh soupçonne son mari de la tromper avec Irina, créatrice de mode, elle n'a pas le temps de questionner son mari pour lever ce doute... celui-ci part en voiture avec la belle Irina et tous les deux meurent dans l'explosion de leur véhicule...

Meurtre? Attentat? Vengeance?

C'est au travers de flashs back que Niamh nous livre les moments les plus importants de sa vie: enfance, adolescence, copains, amies, amour, familles, méthodes de tissage etc... ainsi Peter May nous embarque vers différentes pistes...

Une bonne intrigue et surtout un paysage grandiose entre landes sauvages et océan aux vagues déferlantes.

Les îles Hébrides

Ile Lewis et le climat bien ressenti dans le roman

 Le tweed

Le tweed est un tissu en laine cardée, flexible, ressemblant à un tissu filé main. Il s'est diversifié au XIXᵉ siècle, notamment avec l'apparition du cheviot. Le tweed le plus réputé est le « Harris tweed » typique de la garde-robe du gentleman farmer.

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Le gang des rêves de Luca Di Fulvo

1909, Cetta est une jeune italienne de 15 ans, elle arrive à New York avec son bébé issu d'un viol. Rebaptisé Christmas en franchissant Ellis Island, ce petit garçon va grandir au milieu des lois de la jungle de Manhattan. Quant à Cetta, son rêve d'Amérique va vite s'éteindre, elle va se prostituer pour élever son fils.

1920, c'est l'époque du cinéma parlant et de la radio mais aussi celle des gangsters et de la mafia qui dictent la loi des quartiers pauvres...

Un roman page-turner qui nous transporte dans les bas fonds de Manhattan où se mêlent ségrégation, violences, racisme, solitude et surtout l'espoir qui a conduit des milliers d'étrangers vers le rêve américain.

Une écriture agréable, fluide et scénarisée.

A lire impérativement!

 

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D'après une histoire vraie de Delphine de VIGAN

"Toute ressemblance avec une situation, avec un personnage existant ou ayant existé ne serait que pure coïncidence... ou pas!"

Effectivement, le livre refermé, je ne sais toujours pas si cette histoire est vraie ... ou pas ! je penserais que oui c'est vrai... vu le caractère de cette auteure, sa sensibilité, son vécu... peut être que ....

Le roman "Rien ne s'oppose à la nuit" aurait laissé l'auteure en plein désarroi. Roman à succès consacré à sa mère dans lequel l'auteure dévoile une partie de sa vie.

"Que vas-tu écrire, que peux-tu écrire après cela?", voilà la question qu'elle se pose, que son entourage lui pose, que ses lecteurs lui posent...

Delphine est mal, tourmentée par des lettres anonymes incendiaires, l'accusant d'avoir livré la vie de sa famille en pâture au public.

Fragile, Delphine rencontre lors d'une soirée, une jeune femme de son âge qu'elle appellera L. durant tout le roman.  Elles sympathisent, se voient, se revoient, se découvrent des affinités, des ressemblances, une forte amitié naît.

Delphine s'attache à L. qui sait se rendre indispensable. Elle se confie, se donne. Un lien doux et chaleureux les entoure mais... c'est trop beau pour être vrai!

L'auteure a su donner des indices par petites touches pour démontrer ce fonctionnement anormal entre deux amies, la prise de pouvoir d'un individu sur un autre.

Delphine de Vigan joue avec le réel et la fiction et je n'en dirai pas plus !!!

Bonne lecture à tous ceux qui lisent nos articles!

 

 

 

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Une étincelle de vie de Jodi PICOULT

Alors que "Mille petits riens " avait pour thème principal le racisme afro-américain, l'auteure s'attelle à un autre sujet de société: l'avortement aux États-Unis.

Wren jeune ado de 14 ans s'est rendue au planning familial avec sa tante, en secret de son père qui l'élève seul.

Le père de Wren, Hugh Mc Elroy, est négociateur de crise. Il est appelé à se rendre urgemment au centre planning familial pour une prise d'otages, il ignore la présence de sa fille.

Georges est entré armé, il a tiré, tué et séquestré plusieurs personnes... Hugh va devoir parlementer pour limiter les dégâts et sauver toutes ces personnes qui sont venues dans ce centre incognitos  pour se faire avorter.

Parallèlement à cette prise d'otage, une jeune ado se réveille sur un lit d'hôpital, un agent de police garde sa porte, une avocate la veille. Elle a dépassé le délai légal d'avortement car elle n'a pas réussi à rassembler la somme nécessaire et a avorté par ses propres moyens. Elle est inculpée de meurtre...

Bien que la construction de ce roman m'ait un peu perturbée au début , j'ai finalement apprécié le compte à rebours qui permet de reconstituer l'histoire, les raisons de la présence de ces femmes dans ce planning familial. Ce déroulé du temps de 17h à 8h de la même journée favorise le suspence et l'attachement envers les personnages. Il y a Hugh et sa fille, sa tante et son secret de famille, une anti- avortement qui vient épier le travail des médecins et d'autres qui ont tous leur raison d'être là...

L'auteure dénonce la difficulté qu'ont les femmes américaines de disposer de leur corps. Elle montre le poids des activistes anti-avortement. Elle décrit avec beaucoup de tendresse les liens qui unissent Wren et son père. Elle se penche sur le métier de négociateur soulignant les qualités requises: sang froid, neutralité, écoute, analyse et adaptation à la situation.

Un roman puissant, provocateur avec en plus du suspense!

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L' île aux enfants de Ariane BOIS

Ile de La réunion- Novembre 1963

Pauline et Clémence sont deux sœurs, elles vivent à La réunion dans une famille miséreuse. La mère est hospitalisée, le père se tue au travail dans les champs de canne à sucre.

Un jour, elles sont emmenées par un service social, les parents ont signé d'une empreinte de leur pouce un document permettant à ce service de placer leurs enfants dans une bonne famille, promettant aux parents qu'ils verront régulièrement leurs filles.

Elles arrivent sur le continent, dans la Creuse, en hiver et sont séparées. Chacune est recueillie dans une famille afin de pallier la désertification des campagnes et une natalité trop forte sur l'île.

C'est l'histoire de ses deux vies déchirées qui nous est contée et que je vous laisserai découvrir.

Un très beau roman bien écrit dont le rythme soutenu fait que l'on ne lâche pas cette histoire surprenante car passée sous silence...

Ce roman historique très bien documenté dénonce "la politique menée à cette époque comme étant une faute car elle a aggravé dans bien des cas la détresse d'enfants qu'elle souhaitait aider" dixit notre président de la République actuel.

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